XXII. Treizième session. Condamiialion d'Honorius
La treizième session fut tenue six jours après la précédente, savoir, le vingt-huitième de mars , il n'y assista personne au nom du siège d'Antioche. Le concile prononça en ces termes le jugement qu'il avoit promis : Ayant examiné les prétendues lettres dogmatiques de Sergius de Constantinople (1) à Cyrus, et les réponses d'Honorius à Sergius ; et , les trouvant éloignées de la doctrine des apùtres , des décrets des conciles et des sentiments de tous les pères^ au contraire , conformes à la fausse doctrine des hérétiques , nous les rejetons entièrement, et les détestons comme propres à corrompre les âmes. En rejetant leurs dogmt»s impies, nous croyons aussi que leurs noms doivent être bannis de l'Église : savoir, de Sergius, jadis évêque de cette ville de Constantinople, qui a commencé d'écrire sur celle erreur, de Cyrus d'Alexandrie, de Pyrrhus, Paul et Pierre, aussi êvcHjues de Constantinople, de Théodore , évêque d<» Pharan ; de tous lesquels le pape Agathon a fait mention dans sa lettre à l'empereur, et les a rejelés. INous les déclarons tous fra[)pés d'analhème.. Avec eux nous croyons devoir chasser de l'Eglise et auathéraatiser Honorius, jadis papi' de l'ancieune Rome ; parce que nous avons trouvé dans sa lettre à Sergius, qu'il suit en tout son erreur. et autorise sa doctrine impie. ISous avons aussi examiné la lettre synodiquedeSophrone, d'heoreuse mémoire, jadis évêque de Jérusalem} nous Pavons trouvée conforme à la vraie foi , à la doctrine des a nôtres et des pères , et lavons reçue comme utile à l'Églisi' ; et nous avons ordonné que son nom sera mis dans les dyptiques (2).
Les magistrats demandèrent ensuite que le garde-chartes produisit tous les écrits qui se trouvoient dans le trésor, composés par les personnes qui venoient d'être condamnées. Puis ils ajoutèrent : Quant à la demande des éréques
HISTOIRE DU CHRISTIANISME
dgr mm ■ 1 latin. On vérifia ainsi sur les liviciiif la lHl»iioilM»qu('|)atriarcalede^Conslanli- ^pl tous 1 >. passiiT^'s contenus au recueil des Ri^i^ttus, H ils se irouvérenl conformes. 11 y avoil lr«it(»-iieuf passajçes tirés de treize pères , laviMr , saint l^-^jn, saint Anibroise, saint Jean- Clirvsusi<Vnie , saint Athanase , saint Grégoire ée .Svss**, saint Cvrille d'Alexandrie, saint ^phâiH- , saint Grégoire de Nazianze , saint Attfnistin , saint Justin, martyr , saint Ephrera et saint Allianase, tous deux patriarches d'An- Ikiche , H Jean de Scythopolis. 11 y avoit aussi quelques passag(»s de l'empereur Justinien. Comme saint Ephrem et saint Athanase étoient les plus nouveaux, le concile rendit témoignage que leur autorité et leur sainteté étoient reconnue (1).
Après les passages des pèros , on vérifia dans le même recueil les passages des hérétiques, qui ne reconnoissoient qu'une volonté et une opération en Jésus-Christ. Il y avoit quinze passages de six auteurs : Thémistius , Antime , Sévère, Paul, Théodose et Théodore. Et tous ces passages, tant des pères que des hérétiques, sont rapportés tout au long dans les actes du concile (2). Les légats du pape demandèrent que l'on y Insérât un passage d'Apollinaire, qui n'éloit pas dans leur recueil, et qui soulenoit aussi une opération ; ce qui leur fut accordé.
Ensuite les quatre évoques et les six clercs, qui avoient été suspects, présentèrent des libelles de leurs confessions de foi, et firent serment sur les saints Evangiles. Les libelles étoient tout conformes à celui de Pierre , évoque de Nicomédie, métropolitain de Bithynie, qui fut lu et inséré dans les actes. Enfin George , député de Jérusalem , demanda la lecture de la lettre de saint Sophrone à Sergius , qui fut remise à la prochaine session (3).