XX. Onzième session
Ce fut la onzième, tenue deux jours après , c'est-à-dire le vingtième de mars six cent quatre-vingt-un. Il y assista environ trente évéques de plus que dans les précédentes. On lut la lettre de saint Sophrone, patriarche de Jérusalem , à Sergius , patriarche de Constanlinople (4). Ensuite les légats du pape Agathon dirent : Nous savons que l'on a trouvé chez Macaire et Etienne, son disciple, des écrits conformes à ceux des hérétiques , qu'on les leur a Ôtés, et qu'ils sont dans le trésor des chartes patriarcales de cette ville; nous demandons qu'ils soient apportés. George , garde des chartes , convint que ces papiers étoient dans le trésor, et les apporta par ordre de l'empereur. Il y avoit deux volumes et un cahier de papier. On lui demanda si c'étoient des ouvrages de Macaire ; il réipondit (5) : On les a trouvés dans
[AndeJ.-C.OSl*
(4) Sup. liv. LXXXVIII, n.
le palais de Philippe en un appartement qui appartient au monastère de Cihrysopolis , avec différents autres livres. Us sont de la main do labbé Etienne, et par le litre on voit que ce sont des ouvrages de Macaire et d'Etienne. Où en commença la lecture par le cahier dont le titreétoit , rx)piedu lilK^lle présenté à l'empereur par Macaire, patriarche d'Antioche. L'empereur et le concile dirent : Nous savons ce qu'il contient , qu'on lise un de ces volum(»8. Le titre portoit , Discours adressé à l'empereur. Sur quoi Théophane, abbé de Ikies, dit : Un tel discours doit être prés^Mité et lu dans le sénat; cependant Macaire , a œmmencé par en envoyer des copi(*s en Sardaigne, à Rome et en d'autres lieux , ce qui est contre les lois de l'Eglise. L'empereur dit : Nous n'avons point de connoissance d'avoir reçu de tels discours de Macaire , mais seulement quelques papiers que nous n'avons pas encore lus , et que nous vous donnerons ; car le concile doit les connoitre. On lut le discours qui se trouva plein d'erreurs, et soutenant clairement une volonté et une opération. Le titre du second volume étoit : Discours envoyé par Macaire à Luc , prêtre et moine d'Afrique, qui avoit écrit touchant la nouvelle hérésie des maximiens , c'est-à-dire la doctrine catholique soutenue par saint Maxime (1). Le concile en ayant ouï une partie, et voyant que ce n'étoit qu'une réfutation composée de [syllogismes à la manière d'Aristote, contraire aux conciles et aux pères^ on interrompit la lecture , et défendit de passer outre. On trouva dans le même volume un troisième discours de Macaire , dont le concile empêcha de même d'achever la lecture. Seulement on ordonna d'extraire de ces quatre écrits de Macaire quelques passages conformes à ceux des hérétiques produits par les Romains ; et on les inséra aux actes du concile ^ faisant la comparaison des uns et des autres.
A la fin de la session , l'emptTeur dit : Comme nous sommes occupés aux affaires de l'état , nous ordonnons que les patrices Constantin et Anastase, et les ex-consuls Polyeucte et Pierre se trouveront au concile de notre part (2). Yu que la plupart des points de cette affaire et les plus importants ont été traités en notre présence.