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LIV. Concile de Toulouse

Le roi de France et le roi d'Angleterre, ayant fait la paix, assemblèrent des deux royaumes un grand concile pour y reconnoître le pape Alexandre plus solennellement que dans les assemblées qu'ils avoient faites chacun de leur côté, à Beauvais, à Neufraarché et à Londres (3). Ce concile se tint à Toulouse en mil cent soixante-un. Il s'y trouva cent prélats, tant évêques qu'abbés ; les deux rois y étoient en personne avec plusieurs seigneurs; il y avoit des envoyés de

lui-môme revêtu de la chape, qu'il s'étoit mis dans la chaire pontificale par le secours des laïques, comme je l'ai ouï-dire publiquement à Guy de Crème. Qu'Octavien excommunié depuis huit jours a été sacré par Tévêque de Tusculum Jet celui de Férentine, excommuniés avec lui, et par celui de Mell'e, déjà condamné et déposé pour ses crimes notoires, dont le roi d'Angleterre et ses évêques, et les gens mêmes du pays ont rendu témoignage. '

Au contraire, il a été prouvé qu'Alexandre a été élu par tous les autres cardinaux qui étoient présents , et que sans sa fuite et sa résistance, et la violence de Jean et de Guy de Crème, il auroit été solennellement revêtu de la chape : ce qui fut depuis achevé en temps et lieu. 11 a été aussi prouvé que long-temps avant le concile de Pavie l'empereur avoit reconnu Octavien pour pape par ses envoyés et ses lettres bullées d'or. Quant à ce qu'ils ont écrit , qu'au concile de Pavie il y avoit cent cinquante-trois évêques, il n'y en avoit que quarante-quatre; et sur ce que l'empereur leur déclara qu'étant laïque il ne lui apparlenoitpas de juger l'église romaine ni d'exa-

1 empereur Fridéric et du roi d'Espagne, et miner l'élection des papes, tous ces évêques des légats des deux papes. De la part d'A- avec le cardinal Guillaume de Pavie, qui étoit

lexandre trois cardinaux, Henri de Pise, Jean de Naples et Guillaume de Pavie; de la part d'Octavien , Guy de Crème et Jean de Saint-Martin, les seuls cardinaux qui lui restassent, car Igmar, évéque de Tusculum, qui l'avoit sacré, étoit mort.

JVous apprenons le détail de ce concile par une lettre de Fastréde , second abbé de Clairvaux à Omnibon, èvckiue de Vérone, qui l'avoit prié de l'en instruire. Fastréde y parle ainsi : Après plusieurs exhortations aux rois et aux seigneurs, qui différoient de suivre la vérité par erainte ou pour affection pour lempweur; après plusieurs conseils que nous avons tenus avec des archevêques, des évê-

^1) llelm c. gi.

(a; Vit. S. Anlhelmi. c

1, Chr. Slau. 15, Sur. 26 jun

alors neutre , après avoir long-temps délibéré résolurent , à cause de leur petit nombre de ne recevoir ni l'un ni lautre pape jusqu'il ce que l'on assemblât un concile générai au moins de plusieurs royaumes, ou que l'on vît plus clairement lequel seroit reçu par la plus grande et la plus saine partie de lËglise. Ils résolurent aussi de donner ce conseil à Fempereur, mais il ne l'approuva pas; au contraire, les prenant en particulier, il contraignit ceux qu'il put par menaces et par prières à recevoir Oc-

passât dans sa ville. C'est ce que témoignoit le cardinal Guillaume. Ainsi , par Lavis commun des deux rois et de toute leur église , on (3; (;uiii.:\eubr.n,c. 9, i ^ rejeté le schismatique Octavien et reçu le ; x,p lioo. ' pape Alexandre. L'archevêque de Trêves de-

HISTOIRE DU CHRISTIANISME

[An de J.-C. 1102

meure dans runilé, quelques-uns de ceux qui avoient suivi Octavien reviennent. Nousméme , à la prière des chartreux , nous avons intercédé pour levêque de Grenoble, leur évèque. Telle est la lettre de l'abbé Fastrède à Tévéque de Yérone, touchant le concile de Toulouse.

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