‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 2142 sur 2407 · LIVRE SOIXANTE-ONZIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE SOIXANTE-ONZIÈME

(1) I, Ep. 37.

(2) Acla ap. Bar.

(3) I, Ep. 38.

refus presque en tout ce qu'il vous a demandé. Toutefois , il demeure ferme dans votre obéissance, et déclare qu'il n'empjêchera personne par force d'aller à Rome , ni ne l'a empêché jusqu'ici. Quant aux appellations, il prétend avoir droit d'empêcher aucun clerc de sortir de son royaume pour aucune cause civile , s'il n'a auparavant essayé de s'y faire rendre justice. Il sa voit bien que l'empereur étoit schismatique ; mais jusqu'à présent il n'a pas su que vous l'eussiez excommunié. Il dit qu'il n'a jamais chassé l'archevêque de Cantorbéry ; c'est pourquoi , comme il s'est retiré de lui-même , il peut rentrer dans son église quand il lui plaira , en satisfaisant au roi sur ses plaintes , et gardant les coutumes royales qu'il a lui-même jurées. Si quelqu'église ou quelque personne ecclésiastique se plaint d'être maltraitée , il est prêt à y satisfaire au jugement de toute l'Eglise.

Yoilà les réponses du roi, sur lesquelles nous vous prions de considérer quelle fin vous voulez mettre à cette affaire. Car le roi croit faire beaucoup pour sa justification en se rapportant de tout ce qui a été dit au jugement de l'église de son royaume. C'est pourquoi nous vous supplions de modérer votre zèle pour un temps, de peur qu'en prononçant un interdit ou une excommunication vous n'ayez la douleur de voir une infinité d'églises renversées, et le roi avec un peuple innombrable éloigné sans retour de votre obéissance. Il vaut mieux qu'un membre, même blessé, demeure attaché au chef avec espérance deguérison, que d'en être séparé et retranché du corps pour toujours. Quoi! si vos remontrances ne sont pas bien reçues, faut-il désespérer de la grâce de Dieu pour les faire mieux recevoir en un autre temps? Le sang royal se laisse vaincre quand on lui a cédé quelque chose ; il faut le gagner par la douceur et par la patience. Permettez-moi de le dire, c'est la charité sincère qui me fait parler ; si la fin de cette affaire est que l'archevêque de Cantorbéry demeure en exil perpétuel, dépouillé de ses biens, et que l'Angleterre, ce qu'à Dieu ne plaise, ne vous obéisse plus, vous verrez qu'il eût mieux valu souffrir pour un temps , qu'user d'une si grande sévérité. Je crois bien que plusieurs d'entre nous demeureront dans votre obéissance , malgré la persécution ; mais il se trouvera quelqu'un qui reconnoîtra l'antipape, et recevra de sa main le pallium pour le siège de Cantorbéry ; il s'en trouvera qui lui obéiront pour usurper nos sièges. Plusieurs forment déjà de tels projets, et désirent le trouble pour s'en prévaloir. Ce n'est pas notre intérêt particulier qui nous touche, mais le triste renversement de l'Eglise dont nous sommes menacés, et qui nous feroit désirer la mort plutôt que d'en être spectateurs. Ainsi parloit l'évêque de Londres.

Le roi d'Angleterre, ou plutôt le même

IM

HISTOIRE DU CHRISTIANISME

[AndeJ.-C. 1105.

Ande J.-C. 1165.

Page 1