LIVRE SOIXANTE-ONZIEME
évéquft en son nom, écrivit dans lo môme sens au coUéfçe des cardinaux. Il représente ce qu'il a fait pour le pape Alexandre, et que, loin de se faire prier pour le reconnoitre, il lui a attiré les autres (1). Il se plaint que le pape le traite de persécuteur de l'Eglise, et proteste qu'il ne laisse pas de vouloir demeurer dans son obéissance et se conserver son affection, pourvu qu'il le traite comme les autres papes ont traité ses prédécesseurs; entin, il déclare qu'il se rapportera toujours au jugement du clergé et des seigneurs de son royaume , dont il veut seulement conserver les droits et les anciennes prérogatives.
Le pape avoit aussi écrit aux évoques de l'obéissance du roi d'Angleterre de deçà la mer (-2) , savoir , à l'archevêque de Rouen , à l'archevêque de Jîordeaux et à leurs suffragants, se plaignant de ce que leur roi avoit communiqué avec Reinold, archevêque de Cologne , et envoyé des députés à l'empereur Fridéric. Sur quoi Rotrou, archevêque de Rouen , écrivit en ces termes à Henri , prêlrecardinal : Nous répondons avec toute assurance pour le roi d'Angleterre, qu'il n'a fait à l'empereur aucun serment ni aucune promesse par lui ni par ses envoyés d'adhérer à l'antipape (3). Au contraire , nous sommes certains que dans a* traité de mariage, quelqu' instance que fissent les Allemands pendant trois jours , il n'a jamais voulu rien accorder qu'après avoir mis pour première condition , sa (idélité envers jrÊglise et le roi de France. Ainsi, Rotrou désavoue par avance les envoyés d'Angleterre à l'empereur, qui n'étoient pas encore revenus; ce traité de mariage étoit entre Henri le lion, duc de Saxe, et Mathilde, fille aînée du roi d'Angleterre.
Le pape, ayant reçu la réponse de Tévêque de Londres , en parut satisfait, et le remercia du soin qu'il prenoit d'entretenir son roi dans l'ai lâchement à l'Eglise, le priant dy travailler de plus en plus avec l'archevc^iue de Rouen, levêque d Herford et l'impératrice Mathilde. 1^ lettre est datée du vingtdeuxième d'août mil cent soixante-cinq, et du lieu nommé alors le Gras de Mercure , qui étoit une embouchure du Rhône près de Maguelooe (4).