XL. Milan rebûti
En Italie, pendant que l'empereur Fridéric assiégeoit Ancône, les villes de Lombardie, ne pouvant plus souffrir les mauvais traitements des gouverneurs qu'il leur avoit donnés, tinrent une conférence, où elles se liguèrent pour leur défense récipnxjue, sauf la fidèlilé due à l'empereur, qu'elles ne prélendoient pas rompre. En cette conférence , elles marquèrent un terme où les habitants de toutes ces villes dévoient aller à Milan et y rétablir les habitants, c'est-à-dire y demeurer jusquà ce que les fossés fussent relevés, et que les Milanois pussent y être en sùrelè et s'y défendre par eux-mêmes. Celte résolu lion fut exéculée, et les iMilanois rentrèrrnt dans leur ville avec une extrême joie, le jeudi, vingtse; tième d'avril mil cent soixante-sept, et conmicncèrent à la rebâtir (1).
Lorsqu'elle fut ruinée, c'csl-à dire en mil cent soixante-deux, l'archevêque Hubert de Pirovane se relira auprès du pape Alexandre, et l'ayant suivi en France il revint avec lui en Italie, et mourut à Bénèvent le vingt-huitième de mars mil cent soixante-six, après avoir été vingt ans archevêniue de Milan. Il eut pour successeur le cardinal Caldin, né à Milan, de la famille noble des Yavasseurs de Sale, qui, ayant été insiruit des saintes lettres et élevé (Imus le clergé de la grande église, en fut archidiacre sous l'archevêque Ribalde et sous Hubert, son successeur. Il fut toujours attaché à ce dernier el le suivit dans son e\il ; ce qui donna occasion au pape Alexandre de connaître son mérite, en sorte que, quand ils
(l Acorb. :,ior. p. H'-i. to. Il), p. ô^Ji, Viiii S- Galù. It ^[)ï, ïi^\k.
furent de retour en Italie, il appela Galdin à dre par force, s'adressa aux évêques et aux Rome, du consentement de l'archevêque, qui cardinaux qui l'éloient venus trouver de la étoit à Bénévent, et au mois de décembre mil part du pape, el leur fit dire par Conrad, ar-
cent soixante-cinq l'ordonna prêtre-cardinal de Sainte-Sabine. Après la mort de Hubert, le clergé de Milan, qui éloit dispersé, ne pouvant procéder à l'élection d un archevêque, le pape appi*la le trésorier Algisede la famille des Pirovans, le cardinal Galdin et les autres de ce clergé qu'il put trouver, et , à leur prière, il sacra Galdin anhevêque de Milan, le huitième de mai nul cent soixante-six , qui étoit le second dimanche après Pâques. 11 tint le siège de Milan dix ans, jour pour jour. Quand il eut appris le rétablissement de sa partie, qu'il demandoit à Dieu par de ferventes prières, il se mit en (hemin pour y retourner avec la qualité de légat du pape, et , pour éviter les partisans de l'empereur, il s'embarqua en habit de pèlerin, et vint par mer à Venise ; puis, étant entré en Lombardie, il reprit Ihabit et les marques d'évêque. Quand il fut près de Milan, tous les citoyens et le clergé vinrent au devant de lui, et le recurent avec une extrême joie, le cinquième jour de septembre mil cent soixante-sept.