‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 2170 sur 2407 · XLIV. Conrérenec de Gisors · texte numérisé non relu

XLIV. Conrérenec de Gisors

La conférence se tint au lieu marqué le dixhuitième de novembre mil cent soixante-sept , entre Trie et Gisors, qui étoit la frontière de France et de Normandie (3). L'archevêque de Rouen s'y rmdit avec les légats ; mais les évêques et les abbés d'Angleterre que le roi avoit appelés demeurèrent à Rouen. L'archevêque de Cantorbéry étoit accompagné de quelquesuns de ceux qui l'avoient suivi dans son exil. Les légats parlèrent les premiers, relevant la charité du pape, le soin qu'il avoit de l'archevêque , les fatigues et les périls qu'il avoit essuyés dans ce voyage. Ils representoient encore le besoin de l'Eglise et les malheurs du temps, la grandeur du roi d'Angleterre, l'amitié et les bienfaits dont il avoit prévenu l'archevêque, et l'honneur qu'il lui avoit toujours rendu ; enfin ses plaintes contre lui , particulièrement touchant la guerre dont il

(1) H, Ep. 23.

(2) l,Ep. 165,11, Ep. 11,

21,22; I, Ep. 167;I,Ep.

ult.

(1) Vilail, C.22; I,Ep.

165; H, Ep. 10 ; Il Ep . ty, 0,2 5.

C2) Chron.Gervas. 1167 II, Kp.34. Gervas. p.

(3; II, Ep. 27, 28, 30.

le faisoit l'aiKeur. Sur tout cela , ils demandoient à l'archevêque comment ils pourroient apaiser le roi , ajoutant qu'il y falloit employer de sa part beaucoup de modération et d'humilité.

L'archevêque s'étant retiré à part délibéra avec les siens, puis il commença par rendre grâces au pape et aux légats, répondit aux plaintes du roi , et représenta les torts qu'il avoit faits à TÉglise. Quant à la soumission que les légats lui demandoient, il répondit quil la rendroit au roi la plus grande et la plus respectueuse qu'il lui seroit possible, sauf l'honneur de Dieu et le sien, la liberté et les biens de l'Eglise, leur demandant s'il y avoit à augmenter ou diminuer de ces conditions. Les légats répondirent qu'ils n'étoient pas venus lui donner conseil, mais le lui demander, et tenter les voies de la réconciliation ; puis ils ajoutèrent qu'il falloit venir en particulier, et lui demandèrent s'il vouloit promettre en leur présence d'observer les coutumes dont les rois avoient joui du temps de ses prédécesseurs, et rentrer ainsi dans les bonnes grâces du roi. Il répondit qu'aucun roi n'avoit jamais exigé cette promesse d'aucun de ses prédécesseurs, et que jamais il ne promeltroit d'observer des coutumes manifestement contraires à la loi de Dieu , aux prérogatives du saint-siège et à la liberté de l'Eglise, que le pape avoit condamnées à Sens en leur présence , et contre lesquelles il avoit depuis lui-même prononcé analhème.

On lui demanda encore s'il vouloit du moins promettre de dissimuler, et tolérer ces coutumes. Il répondit par le proverbe : Qui ne dit mot consent ; et que le roi prétendant être en possession de ces coutumes, si on cessoit de s'y opposer, et que l'autorité des légats y intervînt, elles sembleroient établies pour lui et pour les autres. Thomas ajouta qu'il aimoit mieux être toujours en exil et mourir pour la justice, si Dieu l'avoit ordonné , que de faire une telle paix au préjudice de son salut et de la liberté de l'Eglise; car c'est en ce casque Dieu défend aux évêques de se taire, sous peine de damnation. On lut les articles de ces coutumes, et il demanda aux cardinaux si elles pouvoient être observées par des chrétiens, ou dissimulées par des pasteurs.

Les légats lui demandèrent ensuite s'il vouloit s'en tenir à leur jugement touchant les différents qu'il avoit avec le roi. Il répondit que quand lui et les siens seroient pleinement rétablis dans tous les biens dont on les avoit dépouillés , il obéiroit volontiers à la justice , et se soumet! roi t à ceux dont le pape lui ordonneroit de subir le jugement. Que cependant il étoit trop pauvre pour être obligé à soutenir un procès, ne subsistant même qu'aux dépens du roi de France. Il ne voulut pas récuser le cardinal de Pavie, quoiqu'il crût en avoir sujet, pour ne pas s'engager dans un nouveau procès avant que d'être restitué. Les

ni.

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HISTOIRE DU CHRISTIANISME

[An (le 3. -C. 1107.

AndeJ.C. 1167.]

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