LIVRE SOIXANTE-ONZIÈME
la démolition de ce colosse, et ils recommandèrent bien à leurs gens d'user de précaution pour n'être pas accablés de sa chute : ce que les barbares n'auroient pas manqué d'attribuer à la puissance de leur dieu et à la punilion du sacrilège. L'idole étant tombée avec un grand fracas fut tirée hors de la ville et traînée dans le camp des Danois, où elle fut le spectacle de toute 1 armée ; le soir on la mit en pièces, et le bois dont elle étoit composée servit au feu des cuisines. Ensuite on brûla le temple qui étoit aussi de bois, et celui des machines qui a voient servi au siège fut employé à bâtir une église. On en fonda jusqu'à douze dans le pays , et on y établit des prêtres^ Le roi Valdémar fut secondé en cette occasion par deux évéques qui laccompagnoient, Absalon de Rotschild et BernondeMecklembourg. Le prince des Rugiens , nomme Jarémar, aida beaucoup à la conversion de ses sujets. Car, dèsqu'illutinslruit de la religion, ilcourutavec ardeur au baptême, etordonnaà tous les siens de le recevoir avec lui ; ensuite il prèchoit luimême ce peuple farouche pour l'amener, soit par raisons, soit par menaces, à la douceur du christianisme. Car, de toute la nation desSclaves, h'S Rugiens seuls étoient demeurés jusqu'alors dans les ténèbres de l'idolâtrie, leur Jiabitation dans une Ile étant d'un accès difficile. Leur conversion arriva l'an mil cent soixante-huit, et c'est le dernier événement considérable de la chronique des Sclaves, compost'e par le prêtre Helmod , et commençant à Charlemagne(l).