‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 2212 sur 2407 · XXV. Fridéric feint de vouloir linir le schisme · texte numérisé non relu

XXV. Fridéric feint de vouloir linir le schisme

Avant que le pape eût reçut la nouvelle de la paix entre le roi et l'archevêque de Cantorbéry, il étoit parti de Bénévent pour se rapprocher de Rome, et s'étoit avancé jusqu'à \ eroli en Campanie, où il étoit dès le dixième de septembre. Or voici ce qui l'engagea a ce voyage (4). L'empereur Fridéric , voyant son parti diminuer de jour en jour, principalemc nt depuis la mort du second antipape Guy de Crème , feignit de vouloir travailler à la réunion de l'Kgliso, et envoya pour cet effet au pape Alexandre l'évèque de Ramberg, qui avoit toujours été catholique, mais avec ordre

(AndeJ.-C. 1170.

de ne communiquer qu'au pape seul les propositions dont il étoit porteur. L'évèque l'ayant mandé au pape, le pape soupçonna que c etoit un artifice pour le séparer d'avec les Lombards; c'est pourquoi, par le conseil des cardinaux, il leur manda de lui envoyer de chaque ville un député pour entendre les propositions de l'évèque de Bamberg , ce qui fut exécuté. IVlais ce prélat s'étant avance jusqu'en Campanie, pria le pape de vouloir bien y revenir, parce qu'il lui étoit défendu d entrer sur les terres du roi de Sicile. Le pape y condescendit, partit de Bénévent avec les cardinaux et les députés des Lombards, et vint a Yéroli attendre l'évèque de Bamberg.

Le lendemain, ce prélat se présenta devant le pape en plein consistoire, et, après s être prosterné, lui dit : L'empereur Fridéric mon maître m'a commandé étroitement de ne dire ma charge qu'à vous seul. Le pape lui repondit : Cela est inutile, puisque je ne vous ferai point de réponse sans la participation de mes frères les cardinaux et de ces députes. Mais l'év(\iue insista tant, que le pape convint de l'entendre en particulier, à condition de communiquer à qui il voudroit ce qu il auroit entendu. Levêque déclara au pape que 1 empereur ne vouloit plus agir contre sa personne ; au contraire, qùil maintiendroit toutes ces ordonnances ; mais quant à lui obéir et le reconnoitre pour pape, le prélat n en parloit qu'ambigument : le pape ne put jamais lobli^^er à s'expliquer nettement sur ce point. Le^'pape, étant donc revenu à la ( hainbre ou étoient les cardinaux et les Lombards, leur rapporta les discours de levtKiue, et de leur avis lui répondit : Nous nous étonnons quetant aussi prudent que vous êtes, vous vous soyez chargé d'une telle commission. L'em[)ereur veut maintenir nos ordonnances sans nous reconnoitre pour pape ; c'est honorer Dieu en partie, et en partie le renoncer. Toute 1 Eglise a jugé notre cause juste ; les autres rois et les autres princes chrétiens l'ont embrassée ; p<mrquoi votre maître diffère-t-il davantage de s'y réunir .' Nous sommes prêts, s'il ne tient à lui, de l'honorer plus que tous les princes (\i\ monde, et de lui conserver ses droits, pourvu qu'il aime l'église romaine sa mère. Le pape renvoya ainsi l'évtHiue de Bamberg, que les Lombards conduisirent pour retourner vers

l'empereur. ^, .

De Vérolile pape passa à Ferentino, qui n'en est qu'à sept milles , de là à Anagni, ou il étoit le huitième d octobre , puis à Segni. <'l et enfinàTusculum , où il étoitencore le vw»gtquatrième de novembre. C'est ce qui par^)|t par les dates des lettres qu'il écrivit de c<;s licuxlà sur l'affaire de Canlorbéry.

(\) Ep. 800, 805. V. Ep. (3) Ep. 47- V. Baron. 4-2 an. iny, n.

(-2) V.Kp. 1^,49,50,51. (4) Acta Alex. ap. Bar. l

XXVL Lettres du pape pour l'Angleterre.

Premièrement , ayant appris le couronnement du jeune Henri , il écrivit à l'archevêque

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