‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 223 sur 2407 · LIVRE QUARANTE-TROISIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE QUARANTE-TROISIÈME

talogue de l'église , soit parce qu'ils vivoient selon les canons ; mais depuis on le prit parti-

(V Thcoster.Vit.S.Nic. (3) Tom.6,Conc.p.170l.

c. 4, Apolog. Boll. tom. 9, ^^ (i) Coiic. Uifilcv. p.t790

p 261 V. Coml an. 70.'», n. 2 et

(2 Transt. S. Gorg. to. 3, etc. liir l xuv n.-27 4 AcU sancl. Ben. p. 204. (r>) Paul. diac. Ap. Loll.

Sup. n. 8. Cmart.t. 0, p.452.

c'est pour de tels chanoines que saint Chrodegand composa sa règle, presque toute tirée de celle de saint Benoit , autant que la vie monastique pouvoit convenir à des clercs servants l'Eglise. Il y cite souvent l'ordre romain elles usages de l'église romaine.

La règle de saint Chrodegand dans sa pureté, ne contient que trente-quatre articles, avec une préface , où il déplore le mépris des canons, et la négligence des pasteurs, du clergé et du peuple (2). Il n'engage pas les clercs de cette communauté à une pauvreté absolue, mais il veut que quiconque y entrera fasse une donation solennelle de tous s(»s biens à l'église de Saint-Paul de Metz ; permettant de s'en réserver l'usufruit et de disposer de ses meubles pendant sa vie (H). Les prêtres auront la disposition des aumônes qui leur seront données pour leurs messes , pour la confession, ou l'assistance des malades : si ce n'est que l'aumùne soit donnée pour la communauté. C'est la première fois que je trouve des aumùnes ou rétributions particulières pour des messies, ou d'autres fonctions ecclésiastiques. Saint Chrodegand juge plus utile de donner à toute la communauté, parce que plusieurs ensemble obtiennent plus aisément la miséricorde de Dieu, qu'un seul, quelque zélé qu'il soit.

Pour la clôture, les chanoines ont liberté de sortir le jour ; mais à l'entrée de la nuit tous doivent se rendre à Saint-Etienne, qui est la cathédrale de Metz, pour chanter complies (4), après lesquelles il n'est plus permis de boire, de manger , ni de parler , mais on doit garder le silence, jusqu'après que l'on aura dit prime le lendemain. Celui qui ne s'est pas trouvé à complies, ne peut entrer, ni même frapptT à la porte, jusqu'à ce qu'on vienne aux nocturnes. C'est que le peuple y venoit encore. L'archidiacre, le primicier, ni le portier ne donneront aucune dispense de cette règle, dont ils ne puissent rendre compte à l'évêque. Tous les ( hanoines logeoient donc dans un cloître exactement fermé, et couchoient en différents dortoirs communs, où chacun avoitson lit. Aucune femme n'entroit dans le cloître, ni aucun laïque sans permission. Si on donnoit à manger à quelqu un, il laissoit ses armes hors du réfectoire, et aussitôt après le repas sortoit du cloître. Les cuisiniers mêmes, si on en prenoit de laïques, sortoient aussitôt qu'ils avoient rendu leur service.

Les chanoines se levoient la nuit à deux heures \k)UT les nocturnes, comme les moines, suivant la règle de saint Benoît (5) , et met-

(1) Sup. Ub. xxiv,n.40, 41. Lib. Mil, n. U.

(2) Toin.7,Conc.p.l4i5.

(5) Sup. lib. XXIU, n. 14.

toient entre les nocturnes et les matines ou laudes, un intervalle, pendant lequel il étoit défendu de dormir; mais on devoit apprendre les psaumes par cœur, lire ou chanter (1). Pendant le jour , ceux qui se trouvoient trop loin de l'église, entendant sonner roffice, pouvoient le réciter au lieu où ils se trouvoient. Il est défendu aux clercs de tenir des bâtons à la main dans l'église, sinon pour cause d'intirmité. Les chanoines doivent garder entre eux le rang qu'ils tiennent dans le clergé , se traiter avec respect, et ne se point nommer simplement par leur nom. Après l'ofTice de prime, on tiendra le chapitre tous les jours. On y lira un article de la règle , des homélies , ou quelque autre livre édiliant : l'évêque, ou le supérieur y donnera ses ordres , et y fera les corrections. Au sortir du chapitre , chacun ira au travail manuel qui lui sera prescrit.

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