‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 224 sur 2407 · XXXVIII. Nourriture, vêtements, etc · texte numérisé non relu

XXXVIII. Nourriture, vêtements, etc

Quant à la nourriture , depuis Pâques jusqu'à la Pentecôte , on fera deux repas , et on pourra manger de la chair, excepté le vendredi seulement. De la Pentecôte à la Saint-Jean , on fera deux repas , mais sans manger de chair. De la Saint-Jean à la Saint-Martin, deux repas, et abstinence de chair le mercredi et le vendredi. De la Saint-Martin à Noël, abstinence de chair, et jeune jusqu'à none. De Noël au carême jeûne jusqu'à none, le lundi, le mercredi et le vendredi , avec abstinence de chair ces deux derniers jours : les autres jours deux repas. S'il vient une fête en ces fériés , le supérieur pourra permettre la chair. En carême, on jeûnera jusqu'à vêpres, avec défense de manger hors du cloître. Il y aura sept tables dans le réfcMtoire ; la première , pour l'évêque avec les hôtes et les étrangers, l'archidiacre et ceux que l'évêque y appellera ; la seconde, pour les prêtres ; la troisième pour les diacres ; la (juatrième |K)ur les sous-diacres ; la cinquième, pour les autres clercs; la sixième, pour les abbés, et ceux que le supcTieur voudra; la septième, pour les clercs de la ville, les jours de fêle. La quantité du pain n'est point bornée; à dîné ils auront un potage , deux portions de chair à deux ; à soupe une seule. Entre les viandes de carême, on compte le fromage. La boisson est réglée : au plus à dîné, trois coups ; à soupe, deux; et trois coups quand il n'y a qu'un repas. (]eux qui s'abstiennent de vin boiront de la bière. Tous les chanoines feront la cuisine tour à tour, excepté l'archidiacre et quelques autres officiers occupés plus utilement (2).

Pour les vêtements, on donnera aux anciens tous los ans une chappe neuve; aux jeunes, les vieilles. Les prêtres et les diacres qui servent continuellement auront deux tuniques par an , ou de la laine pour en faire , et deux

chemises. Pour la chaussure, tous les ans un cuir de vache , et quatre paires de pantoufles. On leur donnera de l'argent pour acheter le bois ; et toute cette dépense du vestiaire, et du chauffage se prenoit sur les rentes que l'église de Metz levoit dans la ville et à la campagne. Mais les clercs qui avoient des bénéfices , dévoient s'habiller. On appeloit encore alors bénéfice la jouissance de certain fonds accordée par l'évêque.

On aura un soin particulier des chanoines malades, s'ils n'ont de quoi subvenir à leurs besoins, ils auront un logement séparé, et un clerc chargé d'en prendre soin. Ceux qui seront en voyage avec l'évêque, ou autrement, garderont autant qu'il leur sera possible la règle de la communauté (1).

Elle étoit gouvernée, premièrement par l'évêque ; et sous lui , par l'archidiacre et le primicier, que l'évêque pouvoit corriger et déposer , s'ils manquoient à leur devoir. Il y avoit un cellerier, un portier, un infirmier et des custodes ou gardiens des trois principales églises, Saint-Etienne, Saint-Pierre et Sainte-Marie, qui y couihoient, ou tout proche, sans préjudice de la régularité (2).

XXXÏX. Pénitences, etc.

Il est ordonné aux clercs de se confesser à l'évêque deux fois l'année, savoir, au commencement du carême, et depuis la mi-août jusqu'au premier jour de novembre (3) , sauf à se confesser dans les autres temps, toutes les fois qu'ils voudront, soit à l'évêque, soit à un prêtre député de sa part. Celui qui aura celé quelque péché en se confessant à l'évêque, ou cherchera à se confesser à d'autres ; si rév(\|ue le peut découvrir, il le punira de fouet, on de prison. C'est la première fois que je trouve la confession commandée , mais saint Chrodegand regarde ce précepte comme un adoucissement des anciennes règles, qui vouloient que l'on découvrît aux supérieurs toutes les mauvaises pensées. Il veut que les clercs reçoivent le corps et le sang de Notre Seigneur tous les dimanches et et les grandes fêtes, à moins que leurs péchés ne les en empêchent.

Le chanoine coupable de grand crime, homicide, fornication , adultère , larcin, recevra d'abord la discipline, puis sera mis en prison à la discrétion du supérieur, sans communication avec personne (4). Au sortir de la prison il fera encore pénitence publique, si le supérieur juge à propos, c'est-à-dire qu'à toutes les heures de roffice il viendra à la porte de l'église, et y demeurera prosterné jusqu'à ce que tous soient entrés ; puis il récitera l'office debout, demeurant dehors. Il ga dera l'abstinence, telle qu'elle lui sera imposée par le supérieur. Poiu- les péchés graves , comme dé-

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HISTOIRE DU CHRISTIANISME

[ An de J.-C. 7ô5 .

sobéissance, révolte, murmure, médisance, ivrognerie, Iransg^ression du jeûne, ou de quelque autre précepte de la règle, il y aura deux admonitions secrètes, puis une publique; et si le coupable ne se corrige, il sera excommunié : s'il est trop grossier ou trop dur , pour être touché de l'excommunication, on usera de punition corporelle. Entre ces fautes graves, on compte de ne s'être pas tenu à la croix. C'étoit une croix au milieu du cloître , ou par pé- Ditence on faisoit demeurer quelque temps debout, ou à genoux, pour les fautes plus légères (1). Quant à ces légères fautes, comme d'être venu tard à l'office ou à table , avoir rompu ou perdu quelque chose , la peine étoit arbitraire , et toujours moindre pour celui qui s'accusoit le premier. Il estdéfendu, sous peine d'excommunication (2), d'avoir aucun commerce avec l'excommunié. 11 est aussi défendu aux particuliers de s'excommunier ou se frapper l'un l'autre, quelque sujet qu'ils prétendent en avoir ; mais l'ofTensé doit demander justice au supérieur. Et au contraire personne ne doit prendre le parti du coupable, sous prétexte d'amitié ou de parenté.

Les clercs qui n'étoient point de la communauté, et demeiiroient hors du cloître, dans la ville de Metz , dévoient venir les dimanches et les fêtes aux nocturnes et aux matines dans la cathédrale : ils assistoient au chapitre et à la messe, et mangeoient au réfectoire, à la septième table qui leur étoit destinée. Les chanoines pouvoient avoir des clercs pour les servir, par permission de l'évêque. Ces serviteurs étoient sujets à la correction, et dévoient assister aux offices en habit de leur ordre, comme les clercs du dehors; mais ils n'assistoient point au chapitre, et ne mangeoient point au réfectoire.

Il y avoit des pauvres nommés matriculiers, parce qu'ils étoient inscrits dans la matricule , ou catalogue , soit du Dôme , c'est-à dire de la cathédrale, soit des autres églises (3). Saint Chrodegand , voyant que l'on négligeoit de les instruire et de les corriger, ordonne que deux fois le mois ils viendront le samedi à l'église du Dôme, à l'heure de tierce , et que révtkjue leur fera lire quelque homélie, pour leur instruction : ou en l'absence de l'évêque, le prêtre custode de Saint-Etienne leur fera quelque lecture, ou les instruira de vive voix. Ils se confesseront au même prêtre deux fois Tan en carême , et au mois d'octobre ; et en chaque matricule il y aura un primicier pour veiller sur leur conduite. En venant à l'instruction, ils découvriront au prêtre custode leurs besoins spirituels et cor|)orels : los indociles seront effacés de la matricule , et d'autres mis en leur place. Les jours d'instruction, on leur distribuera du pain, du vin , du lard ou du fro-

fl) Vit. S. Landeb. n.5, (2) Cl, 3, 8, 12, 13, 10,18, tom. 3. Acta, SS. Ben. p. 21, 30, 33. Tl. (3;C.34.

mage, et de l'argent pour le bois. J'ai mis au long cette règle de saint Chrodegand , parce qu'elle fut depuis reçue par tous les chanoines, comme celle de saint Benoît par les moines. Il mourut l'an sept cent soixante-six, et fut enterré à l'abbaye de Gorze, où il avoit choisi sa sépulture (i ) .

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