‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 2230 sur 2407 · LITRE SOIXANTE-DOUZIEME · texte numérisé non relu

LITRE SOIXANTE-DOUZIEME

mille d'Ali, préchant la dévotion à ce prétendu saint, et la révolte contre les califes pour venger son sang. 11 déchargea ses sectateurs des observances les plus pénibles de la religion , leur permettant de boire du vin, de manger de toutes sortes de viandes ; et, par cette licence jointe à l'espérance du butin, il forma une armée immense , et fit de grands ravages sur les terres du calife. 11 mourut laissant douze principaux disciples en 1" honneur des douze iinans dt^scendus d'Ali , et eut plusieurs successeurs, dont le plus fameux fut Abou-Taher, qui, après avoir ravagé les provinces avec une armée de cent mille hommes et enlevé les caravanes de pèlerins, prit la Mecque en trois cent dix-sept, neuf cent vingt-neuf, fit égorger les pèlerins dans le temple , emporta la pierre noire qui étoit l'objet de leur dévotion, et fit cesser le pèlerinage pendant douze ans, comme j'ai dit en son lieu (1). Depuis, les carma tiens, étant devenus plus foibles, dissimulèrent leur religion, se mêlant avec les autres musulmans , ce qui les fit nommer batenis, c'est-à-dire inconnus (û). Ils commencèrent à être désignés par ce nom, et à se fortifier en Perse, l'an quatre cent quatre-vingt-trois, mil quatrevingt-dix. Hacen, leur chef, ayant été menacé par le sultan Gélaleddoulet , commanda à un de ses sujets , en présence de l'envoyé du sultan , de se précipiter du haut d'une tour, et à un autre de se tuer: ce qu'ils firent aussitôt. Alors Hacen dit à l'envoyé : Dites à votre maître que j'ai soixante-dix mille hommes prêts à en faire autant. Les batenis ainsi cachés , et déterminés à tout , commencèrent à attenter sur la vie des princes, et en tuèrent plusieurs, sans qu'on pût se garantir de leurs trahisons. Entre un grand nombre, je remarquerai seulement Hamadeddin Zengui, sultan d'Alep , qui fut ainsi tué l'an cinq cent quarante , mil cent quarante-cinq. Comme les batenis n'avoient ordinairement d'autres armes qu'un poignard, on les nomma hassissins, d'où nous avons fait le nom d'assassins. IN os historiens ont nommé leur chef le vieillard de la montagne , traduisant mot à mot le titre qu'on lui donnoit en arabe.

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