LIX. Jean de Sarisbéry, évéque de Chartres
Le jour de la Madeleine , vingt-deuxième de juillet mil cent soixante-seize, arrivèrent à Cantorbéry le doyen, le chantre et le chancelier de l'église de Chartres, pour demander au nom de tout le chapitre Jean de Sarisbéry, qu'ils avoient élu leur évéque. Guillaume aux blanches mains, beau-frère du roi Louis le jeune, gardoit depuis huit ans en commande par dispense du pape, l'évéché de Chartres avec l'archevêché de Sens, dont il avoit élé pourvu dès l'année mil cent soixante-huit, et ce fut lui qui fit élire pour Chartres Jean de Sarisbéry, tant à cause de son mérite personnel qu'en considération de saint Thomas de Cantorbéry, dont il avoit été un des principaux confidents, compagnon de son exil et de ses souffrances (2). Les députés d<' Chartres étant donc arrivés à Cantorbéry, et ayant lu publiquement les lettres de leur chapitre, du roi de France et de l'archevêque de Sens , le chapitre de Cantorbéry, en l'absence de l'archevêque, leur remit Jean de Sarisbéry affranchi de tous les engagements qu'il avoit en Angleterre. Ils l'amenèrent en France, il fut sacré à Sens par Maurice , évéque de Paris , le dimanche huitième jour d'août ; et le dimanche suivant, jour de l'Assomption de Notre-Dame, il fut intronisé solennellement à Chartres, dont il tint le siège quatre ans.
Le même jour que Jean fut sacré, Guillaume, archevêque de Sens, prit possession du siège de Reims, où il fut transféré par l'autorité du pape. L'anheY^'que Henri, frère du
An de J.-C. 1176]