‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 2245 sur 2407 · LIVRE SOIXAWTE-DOUZIEME · texte numérisé non relu

LIVRE SOIXAWTE-DOUZIEME

(1) Gervas.an. 1175.

(i) Roger, p. 550. lurn.

10, p. 14G9. Robert de Monte, anno 1175.

qu'ils avoient accoutumé de faire sous les rois ses prédécesseurs. C'est qu'il n'y avoit point encore de métropole en Ecosse. Roger, archevêque d'York, soutint que l'évéque de Glascow et celui de Willem ou Maison-Blanche lui étoient soumis, et produisit pour le prouver des bulles des papes; mais l'évéque de Glascow soutint que son église étoit fille spéciale de l'église romaine , et exempte de tout archevêque. Richard , archevêque de Cantorbéry, prètendoit de son côté que toutes les églises d'Ecosse dévoient être soumises à la sienne; c'est pourquoi il persuada au roi de renvoyer les évêques écossois sans qu'il fissent aucune soumission à l'église anglicane.

Le quatrième dimanche de Cart'me, qui cette année étoit le quatorzième de mars, le légat Hugucion convoqua un concile à Londres, où Roger, archevêque d'York, prélendit avoir la préséance sur l'archevêque de Cantorbéry, fondé sur une lettre de saint Grégoire, où il dit que l'évéque de Londres et celui d'York dévoient suivre entre eux le rang de leur ordination ; car il soulenoit que ce qui étoit dit de l'évêque de Londres devoit s'entendre de celui de Cantorbéry ; et dans le fait Roger étoit ordonné archevêque long-temps avant Richard (1), Le jeudi suivant, les deux rois, le père et le fils, étanl'présenls au concile qui se lenoit à W eslminsler dans la chapelle de lintirmerie, le légat, comme président, s'assit au milieu sur un siège élevé ; Richard, archevêque de Cantorbéry, se mit à sa droite comme primat ; mais Roger, archevêque d'York, voulut se mettre entre deux, et s'assit sur les genoux de Richard. Quelques évêques et d'autres, tant clercs que laïques, l'en ôtérent et le jetèrent par terre ; on l'attaquoit [de tous côtés à coups de poing et de bâton, quand l'archevêque Richard le retira. Roger se leva avec sa chappe déchirée dans le tumulte, et se jeta aux pieds du roi , lui demandant justice de Richard. Cependant plusieurs crioient : Va, traître ! va , tes mains sont encore teintes du sang de saint Thomas. Le roi ne fit que rire de la plainte de Roger; on appela au pape de part et d'autre, puis on s'en désista. Ainsi le concile fut rompu, et le légat se retira, voyant le peu d'autorité qu'il avoit en Angleterre. Ensuite, à la poursuite du roi, les deux archexêques convinrent d'une surséance de cinq ans sur tous les dilîèrents, tant pour les coups que Roger avoit reçus en ce concile, que pour les contestations entre eux et leurs églises, se soumettant à l'arbitrage de l'archevêque de Rouen et des évêques du royaume de France.

LYIiï. Vivien, légal en Ecosse.

Le légat Hugucion sortit d'Angleterre vers

(1) To. 10, p. 1470. ex dulf. Die p. 588. Sun. liy. Rog. Gervas. p. 1113. Ra- .\xxYi,n 37.Greg.xu,Ep.a5

HISTOIRE DU CHRISTIANISME

[An de J.-C. 1176.

la Saint-Pierre , à la fin de juin , et le mois suivant arriva un autre légat , savoir Vivien, prétre-cardinal , destiné pour l'Ecosse et les îles voisines, et pour l'Irlande. Le roi d'Angleterre lui envoya Richard, évéque de Winchester, et Geoffroy, év^H^ue d'Eli, pour lui demander de quelle autorité il avoit osé entrer dans son royaume sans sa permission. Le légat, épouvanté par celte question, promit par serment de ne rien faire dans sa légation contre la volonté du roi ; ainsi on lui permit de passer, et le roi lui donna escorte et le défraya jusqu'à ce qu'il arrivât sur les terres du roi d'Ecosse. Il y célébra l'année suivante un concile où il suspendit Christien, évéque de la Maison Blanche, pour n'être pas venu au concile. Mais Christien ne s'effraya pas de cette censure , ayant la protection de Roger, archevêque d'York, dont il étoit suffragant. D'Ecosse, le légat Vivien passa en Irlande, et tint à Dublin un concile général de toute l'ile ; mais il n'en sortit pas aussi chargé d'argent qu'il espéroit, et retourna en Ecosse (1).

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