‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 2248 sur 2407 · LX. Pierre Comeslor · texte numérisé non relu

LX. Pierre Comeslor

Pendant que Guillaume aux blanches mains étoit archevêque de Sens, Pierre, surnommé Contestor, c'est-à-dire le mangeur, lui dédia son fameux ouvrage, intitulé l'Histoire scolastique. Il se qualitic prêtre de Troyes, et dit qu'il a entrepris ce travail à l'instante prière de ses amis, et le soumet à la correction de l'archevê'que (2). C'est la suite de l'histoire sainte, depuis le commencement de la Genèse jusqu'à la fin des Actes des Apôtres, tirée du texte de l'Ecriture et des Gloses, avec quelques incidents de Thistoire profane; toutefois, cet ouvrage n'est pas purement historique. A l'histoire de la création , l'auteur mêle les opinions des théologiens et des philosophes de son temps touchant le ciel empirée, les quatre.éléments , la manière dont le monde a été formé, et l'élat du premier homme. Ainsi , de temps en temps, il insère à sa narration diverses explications, les supposant vraies, sans se mettre en peine de les prouver. 11 cite Platon et Aristote, mais, en général, sans indiquer les endroits de leurs ouvrages; il cite souvent Joseph l'historien, et rapporte plusieurs histoires profanes sans nommer les auteurs.

l-e texte des livres historiques de l'Ecriture est rapporté dans cet ouvrage presque tout entier ; mais l'auteur s'écarte souvent du sens littéral pour suivre des sens figurés et des explications arbitraires, et donner aux noms propres de mauvaises étymologies. Jl raconte plusieurs fables alTirmativement, et d'ailleurs il est plein d'expressions qui marquent le doute. (Cependant cet ouvrage, tout imparfait (juil est, fut reçu avec un tel applaudissement, que jiendant trois cents ans il a été regardé comme lejcorps de la théologie positive, et mis en parallèle avec le livre des sentences de Pierre l^>mbard et le décret de Gratieii, ce ((ui peut avoir donné occasion à la fable crue p(»ndanl long-temps que ces trois auteurs étoienl frères. Pierre Comeslor, après avoir été doyen de l'église de Troyes , fut chancelier de l'église de Paris en mil cent soixante-quatre; et, ayant gouverné quelque temps Técole de th(M>logie , il se retira a Saint-Victor, et mourut en mil cent soixante-dix-neuf, laissant par son testament, aux pauvres et aux églises, tout ce qu'il avoit de bien (:i). 11 fut enterré à Saint-Victor, où on lit encore son épitaphe.

ri) Rad. Dicct. p. 502.

Polr. Coll. VII, Kp. «. Clir.

Rem to. 1. Ribl. Lab. p.

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