‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 2266 sur 2407 · XV. Fin de sainte Hildrgarde · texte numérisé non relu

XV. Fin de sainte Hildrgarde

Environ trois mois après, mourut sainte Hildegarde, abbesse du mont Siint-Rupeit, près de Mayenee, dont les révélations avoient été approuvées par le pape Eugène III, trente ans auparavant (3 . Elle continua de les écrire avec un homme fidèle qui lui aidoil à rendre

(2; c. 25. Martyr. R. 26

jun. Gall. Chr. to. a, p (3) Sup liv. LXJX, n. 37

ses pensées en latin , suivant les règles de la grammaire, qu'elle ignoroil absolument. Ses révélations sont recueillies en trois livres, et commencent d'ordinaire par quelqu'image sensible, qu'elle dit avoir vue et d(»nt elle explique les signitiaitions mystérieuses ; puis elle en tire une morale pure et solide, exprimée d'un style vif et figure, où elle reprend les vices de son temps, et excite fortement à la pénitence. Elle écrivit aussi plusieurs lettres pour répondre à ceux qui la consulloient, entre lesquelles il y en a une grande au clergé de Cologne, mêlée de plusieurs prédictiims. Car on croyoit qu'elle avoit le don de prophétie , et Richer, moine de Sénones en Lorraine, qui écrivoit environ trente ans après, dit qu'elle avoit parlé de l'ordre des prê( heurs et des frères mineurs (1). Car, ajoute-t-il , elle a dit clairement qu'il viendroit des frères portant une grande tonsure et un habit religieux, mais extraordinaire, qui , dans leur commencement, seroient reçus du peuple comme Dieu ; qu'ils n'auroienl rien de propre et ne vivroient que d'aumônes, sans en rien réserver p<mr le lendemain; qu'ils iroient dans cette pauvreté prêchant par les villes et les villages, et seroient d'abord chéris de Dieu et des hommes: mais qu'étant bientôt déchus de leur institut ils tomberoient dans le mépris, et leur conduite a vérilié celte prédiction. Ce sont les paroles de Rie h T.

Sainte Hildegarde (2) avoit aussi le don des miracles ; elle en fil une infinité, dont l'auteur de sa vie rapporte en particulier jusqu'à vingt Elle mourut le dimanche, dix-septième de septembre mil cent siûxante dix-h.iit, âgée de quatre-vingts ans. Sa vie fut écrite par Thierry, abbé bénédictin, quelque trente ans après sa mort, sur les mémoires d'un nommé Godefroy , auxquels il ajouta les révélations et les miracles. L'Eglise liouorc la saiule le jour de sa mort (3).

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