‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 2267 sur 2407 · XVI. Alexandre III rentre à Rome · texte numérisé non relu

XVI. Alexandre III rentre à Rome

Cependant tout le clergé et le peuple de Rome, voyant que l'empereur Frideric s'étoit soumis au pape Alexandre et que le schisme éloit fini , jurèrent par délibération commune de rappeler le pape pour faire cesser les maux que sa longue absence avoit causés, tant au temporel qu'au spirituel. Ils envoyèrent donc à Anagni sept dc»s principaux citoyens romains avec des lettres du clergé, du sénat et du peuple pour le prier de revenir; mais le pape, considérant qu'après l'avoir rappelé de France ils avoient bientôt recommencé à le maltraiter, ne crut pas devoir rentrer à Rome sans avoir

(1; ViUiap. Sur. nsept. (2 Lib. 3. ap. Alb. Slad. ann. Il5i, (3' C 27. Pra;fal. Mar-

fol. 109. Chr. Senon. lib. lyr. R. 17 sept. VI, c. 15, to. 3, §picil.

pris ses sûretés (1). Pour cet effet il envoya, avec les sept députés des Romains, Hubalde, évéque d Ostie , Rainier, prêlre cardinal de Saint-Jean et Saint Paul , et Jean , diacre cardinal de Saint-Ange, qui, après une longue négociation, tirent régler par délibération de tout le j>euple que les sénateurs, à leur élection , feroient foi et hommage au pape ; que les Komains lui restitueroient l'église de Saint- Pierre et les droits régaliens dont ils s'étoient emparés; qu'ils observeroi(»nt inviolablement la paix et la sûreté, tant à l'égard du pape que d(»s cardinaux , leurs biens et tous ceux qui viendroienl vers le pape ou qui en retourneroient.

Ensuite les sénateurs vinrent trouver le pape avec les trois cardmaux, et après lui avoir baisé les pieds, ils jurèrent publiquement l'observation de toutes ces conventions. Alors le pape se prépara à retourner à Rome, et le jour de saint Grégoire, douzième de mars, qui cette année milh» cent soixante-dix-huit étoit le troisième dimanche de carême, il partit de Tusculum après la messe. Le clergé dt» Rome vint bien loin au devant avec les bannières et les croix, ce qu'on ne se souvenoit p >int qui eût été fait à au» un pape; les sénateurs et 1rs magi^trats venoieiit au son des trompettes, les nobles et la milice en bel équipage, le peuple à pied avec des rameaux d'olivier, chantant les ac« lamations ordinaires de louanges. Lii presse étoit si grande à lui baiser les pieds, qu'à peine son cheval pou voit-il marcher, et sa main éloit lasse de donner des bénédictions ; on le conduisit ainsi jusqu'à l'église de Latran, où, après avoir ccmgédiè le peuple et les cardinaux , il monta au palais et se mit au lit avant le repas, tant il étoit fatigué, car il étoit avancé en âge. Le lendemain il tint(onsistoireet reçut au baiser des pieds (l) une multitude infinie de clercs et de laïques, puis il fit les stations ordinaires du carême, et le dimanche suivant qui étoit L(rtare.. il alla en procession à Sainte-Croix ; enfin le jour de Pâques il porta la tiare avec la couronne nommée le Règne.

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