XXII. Peines conlre les hérétiques
Le dernier canon du concile de Latran est conçu en ces termes (i) : L'Ei^lise, comme dit sain! Léon , bien qu'elle rejette les exécutions sanglantes, ne laisse pas d être aidée par les lois de:? princes chrétiens, el la crainte du supplice corporel fait quelquefois recourir au remède spirituel. Or les hérétiques, que l'on non une cathares, patarins ou publicains , se sont tellement forlifiès dans la Gascogne, l'Albigeois, le territoire de Toulouse el en d'autres lieux, qu'ils ne se cachent plus, mais enseignent publiquement leurs erreurs. C'est pourquoi nous les analhèmatisons, eux et ceux qui leur donnent proteclion ou retraite; et, s'ils meurent dans ce péché, nous défendons de faire d'oblation pour eux , ni de leur donner la sépulture entre les chrétiens.
yuant aux Brabfinçons, Artagonons, Navarrois. Basques , Coliereaux elTriaverdins,
(1) C. 20, 21, 22, n. il.
Suj). I. L\. c 26, 23.
(i) C. 27. Léo. Kp. 15, al. 3, ad Tuiib. Sup. li..
xxvii, n. 10.
qui ne respectent ni les églises ni les monastères, el n'épargnent ni veuves, ni orphelins, ni âge, ni sexe, mais pill(>nt et désolent lout comme des païens, nous ordonnons pareillement que ceux qui les auront soudoyés , retenus ou protégés , soient dénonces, excommuniés dans les églises les dimanc h(>s et les fêles, et ne soient absous qu'après avoir renonce à celte pernicieuse société. Or, tous ceux qui s'éloient engagés à eux par quelque tiailé doivent savoir qu'ils sont quilles de lout hommage ou sermenl qu'ils pourroient leur avoir fait. Au contraire, nous leur enjoignons à eux et à tous les fidèles, f»our la rémission de leurs péchés, de s'opp<Jser courageusement à ces ravages , et de défendre les chrétiens contre ces malheureux, dont nous désirons que L s biens soient confisqués, et qu'il soit libre aux seigneurs de les réduire en servitude. Quant à ceux qui mourront vraiment pénit(>nts en leur faisant la guerre, ils ne doivent pt)int douter qu ils ne reçoivent le pardon de leurs péchés el la récompense éternelle. JVous remettrons aussi, à tous (eux qui prendront les armes conlre eux, deux années de leur pcuiilence, laissant à la dise rélion des évêques de leur acc(>rder, selon leur travail, une plus grande indulgence ; el c pendant nous les recevons sous la protêt t on de l'Eglise, comme ceux qui visitent le saint sépulcre. Mais ceux qui méprisercml les exhortations des évêques pour prendre les armes conlre ces méchants , Si ront excommuniés. Ces coliereaux ou routiers conmie dautn's les nommoienl, éloient des troupes ramassées de dillerenles nations, dont les seigneurs se servoient pour leurs guerres parli( uliéres, et qui vi voient sans discipline et sans religion (1). On voit en ce canon le concours des deux puissances ecclésiastique et séculière, suivant l'aulorilé de saint Léon, rapï)ortée en lêle. L Eglise prononce de son chef l'exconnnunication, la défense d'ollrir le sacrifice pour les coupables , el de leur donner la sépulture ; mais elle emploie e secours des lois el I autorité des princes, en dispensant du serment de fidélité, en ordonnant de prendre les armes coiUre l( s coupables, de confisquer leurs biens el les réduire en servitude Et elle use encore de son droit en appliquant les travaux de celle guerre pour la remission dts péchés, et y attachant deux années d'indulg(>nce. Ce t ce qu'il est unporlanl de distinguer, nonseulement dans ce canon , mais dans les autres semblables.