‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 2286 sur 2407 · XXXI. Question du Dieu de Mahomet · texte numérisé non relu

XXXI. Question du Dieu de Mahomet

L'empereur Manuel Comnène mourut peu de jours après le roi Louis le jeune. Il étoit tombé malade dès devant le mois de mars de la même année mil cent quatre-vingt, indiction treizième, dans le temps qu'il agitoit une question de théologie, qui ne fut terminée que trois mois après. Il y avoit dans le catéchisme des Grecs un anathème contre le Dieu de Mahomet , qui n'engendre point et n'est point engendré, mais qui est, disent-ils, Holosphiros, comme qui diroit solide et tout d'une pièce; car c'est ainsi que les Grecs rendoient le mot arabe Elsemed, qui est un des noms de Dieu selon les musulmans (3). L'empereur Manuel vouloit faire effacer cet anathème de tous les catéchismes, disant que les musulmans qui se voudroient convertir étoient scandalisés de voir une malédiction prononcée contre Dieu , de quelque manière que ce fût. Pour ce sujet. Manuel appela le patriarche Théodose et les év(Viues les plus savants et les plus vertueux qui se rencontrèrent à Constantinople ; et, après un exorde magnifique, il leur expliqua sa proposition. Tous les prélats la rejetèrent,

(1) Chr. Bod. S. Mallh. Cel. et t. 10,Conc p. Mil, Sup. liv. Lxxu, n. 53. (3^ Nicet. liv. vu, p.l42,

(2) Sup.l.LXX,n.35.Pr»f. C. Ibid. p. 139. edit. 1071. Posl. Ep. Pet.

HISTOIRE DU CMinSTlAMSME.

L AihIoJ -Cl liKu.

ayant môme poine à rêcoiiter, ot lui expliquérent chariUbleinenl lésons de cet aiialliem;^, qui ne tombe poiiit sur le vrai Dieu , mais sur le Faulome que s'est forgé Mahom /l d un Dieu qui n'engendre poinl, au lieu que les cliréliens adorent un Dieu père.

L'empereurnelaissapasdesuivro SOI dessein, et publia un écrit où, Irailaul d iguoraa .- et d imprudents les empereurs et les prélats précédents qui avoient soulîert cet anaihème, il apportoitdes raisons spécieuses jM)ur i ibolir. Mais le patriarche se déclara liautem'iii contre cet écrit, comme contenant des nouveautés dangereuses, de quoi 1 empereur, deja chagrin par sa maladie, l'ut extrêmement irrité. Il réduisit donc son écrit en abrégé, et , s étant l'ail porter à Scutari pour éire en mei'iour air ( t plus eu repos , il y lit venir les prélats et les hommes les plus distingués par leur savoir. Mais ils lurent à peine déb.irqués, (|u'un de ses secrétaires les plus atliJés, (io:nme Théodore, leur vint dire que 1 empereur neloit pas alors visible , à cause de sa maladie, et qu ils dévoient entendre la lecture de deux papiers quilavoit en main : l'un et >il lecril dont j ai parlé, qu;i l'empereur vouloit faire souscrire aux prélats ; dans l'autre, adressé au patriarche rhéodose et aux évéques, 1 empereur se plaignoit de leur résistance, et les menaçoit d assembler un plus grand concile, et même de faire examiner cette question par le pape. Entia , après plusieurs onleslatioiis, les prélats cimvinrent, (iiioiqu'avec peim', que Ion elTaceroit des caléeiii.m.'s ranathêine au Dieu de Mahomet, et que Ton metlroil seulement : Analhème à Mahomet et à toute sa doctrine cl sa secte. Ainsi fut terminée cettj alTaire au bout de trois mois.

Le patriarche rhéodose avoit SLir'cédé à Chariton, mort en mil cent soixante-dix-sept, après avoir tenu le siège de C )astanlinopIe quatorze mois. Théi)doseetoit on;;inaired Antioche, et avoit elé long-temps n )ine au numt Sdnt-Auxenccj il tint six ans le ^iégedeC^onstanlinople (1). JNous avons de lui une conslitation synodale, datée da Ireiitiéme de juillet, indiclion douzième, qui est l'an lee mil cent soixaute-dix-neuf, poitant qu une liile peut épouser le cousin de celui à qui elle a été llan-

cée avant l'âge de puberté , parce que ses

fiançailles éloient nulles.

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