LIVRE S()i\ANTE-TRElZiEME
bâtir un beau logement , où il se retira en mil ccMil {\uatn»-vii.Lrt-u:î ( l ■. ()a élut pour lui succéder dans le siéu:e de Lisieux Raoul de Venneviile, archidiacre de Uoucni, cjui auparavant avoit été chancelier du roi d Angleterre.
Arnoul avoit été (levé dans l'église de Séez, dont il fut archidiacr ' sous l'evcViue Jean, son frère a lue. Son oncle, aussi nommé Jc\'m, èvcV que de Lisieux, étant mort c»n mil cent quarante-un, il lui sncccHla, et tint ce siège quarante ans. Il alla à la seconde croisade par ordre du pape Euiène IV, en mil cent quarantcxsix -21. Il fut en grand crédit auprès du roi d'Angleterre», Henri 11, contribua beaucc»up à le retenir dans robeissance du pape Alexandre, et travailla fortement à le réconcilier avec saint Thomas de (îantorbéry, auquel toutefois il devint siisp; et cc>mme trop courtisan. Apres sa retraite, cjuelques chanoines de Lisieux, eianl ailes à Renne, I ace usèrcMit devant le pai)e Lucius d'avcnr dissiï)0 les biens de son église, et obtinrent pour jugeas revêtue d'Avranchc»s, I abl)e du IJec et 1 abbé de Savigny Arnoul, à qui ces juges étoient suspects, se plaignit au papo du jugement qu ils avoient rendu contre lui, ei e»blint la cassation . connue il paroit par une lettre qu il lui écrivit de sii retraite. H vécut à Saint Victor en simple chanoine , et y ihiil saintement ses jours (o.
XXXiX. Scandale vu I abbaye de Grcslain.
Nous avons de lui jdusieurs lettres et quelques sermons. Entre bs lettres il y en a une au [)ape Alexandre 111, qui mérite une attention parliculitTC. L'abbaye de Greslîjn , dans le diocèse de Lisieux, étoit alors g »uvernc'c par Guillaume d ExcesteT, son c]uairième abbé, qui, s<hjs prétexte de prendre soin des l'iens que son n on.ïste>re pe»ss( ùoît on Angleterre, étoit le plus souvent dansée ovaume occupé à p( fusuivre des procès et à se diveTlir (4) ; el le c'que l'avoit inutilement averti de revenir à son devoir. Cependant le monastère eloit toml)è dans un extnsne désordre, il n'y avoit plus d'observance au deelaiîs, on ne fa i soi l au dehors ni aumcjnes ni h<)spilalitè; les moines se ballcMenl e>. quelquefois à coups de couteau. Ils avoient rc ^landu le bruit qu il y ave.il chez eux une eau miraculeuse qui guèrissoil les malades en lc»sy pbmgeMnlS'^pl fois; el une femme, c;uien fit iexperience, y expira enlre leurs mains. Un moine tua le cuisinier, qui nvarnmroit ues fréquentes visites qu il rendoit à Sii femme. Enfin, le procureur, que labbé avoit laissé pour prendre soin de la maison en son ab-
; sence, s"ét,\nt enivré à souper, frappa deux mciines à :ouj>s de couteau dans le réfectoire, et lit le tuèrent sur-le-ihamp avec une perche.
L'cîvèque Arnoul écrivit donc sur ce sujet au pape Alexandre, le priant de mettre ordre à ce scandale, et d'ordonner que ces moines indociles seroient dispersés un à un dans des monastères bien règles, et que, pour renouveler plus aisément la maison de Grestain , on y mettroit des chanoines réguliers. Aussi bien , dit-il , nous avons en cette province grand nombre de; monastères fameux , mais peu d'ab'nayes de ciianoines , et elles sont tres-pauvres , en ^orte que ceux des nôtres qui veulent embrasser cet ordre sont obliges pour la plupart d'aller en des pays ètrangcTS. Le pap , toutefois, ne changea point Tétat de cette abbaye (I) ; mais (iaulier , archevêque de Roue«n, qui aimoit l'abbé Guillaume, le transféra à Saint-Alartin de Pontoise, en mil cent quatre-vingt-cinq, et l'abbaye» de Grestain demeura sous la règle de saint Renoit , comme elle est en«e»re.
Le proc ureur de l'abbaye de Grestain , assomme par les moines, semble être le sujet d un décret du pape Alexandre, conçu en ces termes : ]\ous avons appris que quelques-uns d entre vous honorent comme saint un homme tué dan.i le vin et l'ivrognerie, quoique l Eglise permette à peine de prier pour ceux qui meurent en cet état. Car l'apôtre dit que les ivrognes ne posséderont point le royaume de Dieu (2). Cessc^z donc ce culte, puisque, quand même ce mort feroit des miracles, il ne seroit pas permis de Ihonorer comme saint sans
(1) Rob. de Monte, afin.
1IH2. Arn. KiHsI.fol. 70.H0.
{i) Gall. Chr. e\ Urd.
Vitali. Sup. liv. lAi\,n. U.
(3) To. 1, S|m'.. p. 482.
(i, Ep, p. 53,07
l'auiorité de Tèglisc romaine.