‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 2295 sur 2407 · XL. Enfants lues parles juifs · texte numérisé non relu

XL. Enfants lues parles juifs

Le nouveau roi de France, Philippe, avoit une; grande aversiem pour les juifs , qui étoient puissants dans son royaume, et particulièrement à Paris. Car il avoit souvent ouïdire aux seigneurs, qui avoient été élevés à la cour avec lui , que ces juifs de Paris, tous les ans le jeudi -saint ou quelqu'autre jour delà semaine sainte, egergcoient un chrétien comme en sacrifice en des lieux souterrains. Plusieurs avoient été convaincus de ce crime du vivant du roi, sor père, et brûlés, et on comptoit pour marlVâ' un enfant, nonmié Rie b rd, ainsi tué etcrue^ifiè par les juifs , dont le corps reposoit à Paris en l'église de Saint-Innocent, au lieu nemimé Champeaux , où étoit le cimetière de la ville, et que le roi Philippe fit lériner de murailles, en mil cent quatre-vingtcinq. On cii-^oit qu'il s'étoit fait plusfeurs lïiirach's au tombeau de Richai d , qui avoit été

ri) Neusir '. pia.p. 533.

I^iob. de Monl '. Vulg. aim.

(2) C. 1. Extra de Reliq.

1, Cor. VI, 10.

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lue à Ponloisc, et delà apporté à Paris, suivant le témoignage de Robert , abbé du mont iSaint-Michel (1).

Ce même auteur rapporte , sous l'an mil cent soixante- onze, que Thibaut, comte de Chartres, fit brûler plusieurs juifs demeurant à Blois , parce qu'ayant crucifié un enfant au temps de Pâques au mépris des chrétiens, ils Tavoienl mis dans un sac et jeté dans la Loire, où il avoit été trouvé. Les juifs, convaincus, furent brûlés, excepté ceux qui se firent chrétiens. Il ajoute qu'ils avoient fait la même chose à Norwick en Angleterre, du temps du roi Etienne, en la personne d'un enfant, nommé Guillaume, et encore depuis à Glocester, sous Henri II. Un auteur anglois rapporte le martyre du jeune Guillaume à la neuvième année du roi Etienne, qui est l'an mil cent quarante-quatre, et celui de l'enfant crucifié à Glocester, sous la sixième année de Henri II, qui estran mil cent soixante-deux. Enfin, on trouve encore un enfant, nommé Robert, tué en Angleterre par les juifs à Pâques, l'an mil cent quatre-vingt-un, et enterré dans l'église de Saint-Edmond, où l'on disoit qu'il se faisoit plusieurs miracles. Je ne vois point que jusque-là on ait formé contre les juifs de telles accusations, qui devinrent très fréquentes depuis (2). Les juifs prétendent que ce sont des calomnies ; mais pourquoi les chrétiens les auroient-ils avancées en ce temps plutôt qu'en un autre, s'il n'y avoit eu quelque fondement ?

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