LIVRE SOIXANTETREIZIÈME
(1) Rlpord. an. 1, p. 0.
Id.p. 2t.Rol). an. 1171.
(2) lîoll. 25 IVIart. lo. 8, r. 588. Chr. Jo. Broni. p.
10i3, 10.50. Gervas. Chr.
llHl. Cardos. exrel. caloni.
(3) Uigord. p. 8.
dévoient aux juifs, en retenant à son profit la cinquième partie (1). Enfin, au mois d'avril nul cent quatre^ vingt-deux, il publia un édit portant que tous les juifs se tinssent prêts à sortir de son royaume dans la Saint-Jean , leur donnant ce temps pour vendre leurs meubles, et confisquant à scm profit leurs maisons, leurs terres et leurs autres biens immeubles. Quelques-uns .se firent baptiser, et obtinrent la conservation de leurs biens et de leur liberté; d'autres gagnèrent par présents et par promesses des prélats et des seigneurs pour solliciter le roi de révoquer son édit. Mais il demeura ferme dans sa résolution , et les juifs , ayant réduit leurs meubles en ar~ gent , sortirent au mois de juillet de la même année mil cent quatre-vingt-deux, avec leurs femmes, leurs enfants et toute leur suite. L'année suivante , le roi fit dédier toutes les synagogues pour les changer en églises; ce qui lui attira la bénédiction de tout son peuple.
Au commencement de la même année , mil cent quatre-vingt-trois, Guillaume, archevêque de Reims, et Philippe, comte de Flandre, eurent une conférence à Arras pour leurs affaires secrètes (2) ; une femme des terres du comte y découvrit plusieurs hérétiques patarins, c'est-à-dire manichéens. Ils furent convaincus, par leur propre confession , de tenir une do( trine très-impure ; il y avoit des clercs, des gentilshommes, des paysans, des filles' des femmes mariées et des veuves. L'archevêque et le comte les condamnèrent au feu avec confiscation de leurs biens.