‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 2319 sur 2407 · V. Lettre des évêques allemands · texte numérisé non relu

V. Lettre des évêques allemands

(1) Chr. Belg.

(«) Arnold, c. 17.

Cet avis fut suivi, et on écrivit une lettre au nom de tous les évêques d'Allemagne et scellée dç leMr bulle , c'est-à-dire de leurs sceaux, où ils disoient (1) : Nous sommes sensiblement affligés de la discorde qui selève entre l'Eglise et lempire, et qui fait entrechoquer les deux glaives qui se devroient mutuellement secourir. L'empereur, dans une cour solennelle qu'fl vient de tenir, s'est plaint que lorsqu'il vous témoignoit le plus d'amitié, et qu'il avoit envoyé son fils unique le roi des Romains s'exposer à toutes sortes de périls pour la défense de l'églist» romaine, vous avez affecté d'exercer votre inimitié contre lui, en recevant les Crémonois, qu'il avoit déclarés ennemis publics de l'empire, et détournant les villes d'Italie, et particulièrement les évêques, de lui prêter aucun secours. Il a ajouté de grandes plaintes touchant l'affaire de Trêves; car il n'y a point de mémoire qu'aucun de vos prédécesseurs ait fait une telh» injure à aucun des siens, de sacrer un évêquedu royaume leutonique avant qu'il eût reçu les régales par le sceptre impérial; et des personnes dignes de foi témoignent que vous aviez promis fermement de ne point sacrer le seigneur Volmar. L'empereur s'est encore plaint des torts que vous avez faits depuis long-temps à l'empire dans l'archevêché de Milan, un des plus grands sièges d'Italie. Il a ajouté que toutes les églises d<' l'empire sont accablées des exactions de ceux qui viennent de votie part, tant en argent qu'en repas et en logements d'hommes et de chevaux ; et on traite ainsi des églises et des monastères, qui n'ont pas de quoi subsister Les évêques finissent leur lettre en priant instanmient le pape de satisfaire à ces plaintes, et de prendre confiance aux députés qu'ils lui envoient.

Le pape, ayant reçu cette lettre , fut surpris du changement des évêques, car il lui send)loit avoir pris la défense de leur caus<', qu'ils abandonnoient eux-mêmes (2). Il demeura donc ferme dans sa résolution d'excomnmnier l'empereur, après les citations légitimes; mais les habitants de Vérone, où il étoit, lui dirent: Saint père, nous sommes serviteurs et amis de

(1; Ap. had. de Die. u.tKlJt. i.'i) Arnold.

An de J.-C. 1180.]

l'empereur ; c'est pourquoi nous vous prions de ne le pas excommunier dans notre ville et en notre présence. Le pape, ayant égard à leur prière, sortit de chez eux ; mais lorsqu'il vouloit excommunier l'empereur, la mort le prévint.

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