‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 234 sur 2407 · XLIX. Constantin, patriarche de Constantinople dégradé · texte numérisé non relu

XLIX. Constantin, patriarche de Constantinople dégradé

et tué.

La même année sept cent soixante-sept , le sixième d'octobre , au commencement de l'indiction sixième , l'empereur fit amènera Constantinople le patriarche Constantin , de l'île du Prince, où il étoit en exil. Après l'avoir déchiré de coups, en sorte qu'il ne pouvoit marcher ; on l'apporta dans l'église de Sainte- Sophie , et on le fil asseoir devant le sanctuaire, à l'endroit nommé Solea (5).

Un secrétaire de l'empereur étoit près de lui , tenant un volume en papier, où étoient écrits ses crimes ; il en fit la lecture en présence de tout le peuple et du patriarche Nicétas, assis sur son trône. A chaque chef d'accusation, le secrétaire frappoit Constantin au visage avec le livre. Ensuite on le fit monter sur l'ambon , et le patriarche JNicétas envoya des èvêques pour lui ôter le pallium , et l'anathémalisa ; puis on le fit sortir de l'église à reculons. On voit ici un exemple de la dégradation qui devoit précéder la peine de

mort (6).

Le lendemain , jour de spectacle dans l'hippodrome , on lui rasa la tête entièrement , les cheveux , la barbe , les sourcils , et l'ayant revêtu d'un habit de laine sans manches , on le mit à rebours sur un âne , dont il tenoit la

(1) Cang. 1,C.P. p. 82.

Vit. p. 510, 511.

2; Cang. C. P. 1. IV, p.

(3) Martyr. R. 28 nov.

(5) Theophan. an. 27, p.

(6) Cang. C. P. ni, c. 2, n. 73. Combes, not. in The-

HISTOIRE DU CHRISTIANISME

[An de J.-C. 707.

queue entre ses mains (1). On lui lit ainsi pas- ] ser toute la carrière au milieu du peuple , qui crachoit sur lui et lechargeoit d'injures. L'àne étoit mené par son neveu, à qui on avoil coupé le nez. Quand ils furent arrivés à l'endroit où les chevaux s'arrétoient , on le jeta à bas de l'àne, et on lui mille pied sur la gor^e. Puis, l'ayant fait asseoir, le peuple continua à se moquer de lui jusqu'à la lin du speclacle.

Le quinzième du même mois, l'empereur lui envoya dire par des patrices: Que ditesvous de notre foi et du concile que nous avons assemblé? Le malheureux Constantin, croyant apaiser l'empereur, répond : Votre foi est bonne , et vous avez bien fait de tenir ce concile. C'est , dirent les patrices , ce que nous voulions entendre de ta bouche impure (2), va maintenant aux ténèbres et à Tanathème. Il fut condamné à mort, et eut la tête coupée à l'ancien amphithéâtre nommé Cynéi^ium, lieu ordinaire des exécutions. On pendit sa tête par les oreilles dans la place du Mille , où elle demeura trois jours exposée à la vue du peuple. Le corps fut traîné par un pied , et jeté avec les suppliciés ; on y jeta aussi la tète au bout de trois jours (3). C'est ainsi que le patriarche Constantin fut traité par l'empereur dont il avoit baptisé les deux enfants nés de sa troisième femme • ce qui étoit alors regardé comme une alliance spirit uelle , ainsi que nous l'avons vu entre le pape et le roi Pépin (4).

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