XXXVI. Poursuites à Rome contre l'évéque d'Eli
Ses adversaires envoyèrent aussi à Rome, et Hugues, évêque de Convenir! , publia un écrit contenant toutes leurs plaintes contre le chancelier, exagérées avec aigreur ; sa déposition , sa fuile , et la manière dont il fut découvert à Do vres , décrite d'une manière très-indécente. Il conclut, en demandant que règlis*» r(»maine punis.se de tels excès, et que le roi d'Angleterre pourvoie au gouvernement d* son royaume. Mais le pape , plus touche des plaintes du chancelier son légat, écrivit une lettre aux évêques d Angleterre, où il dit : l>e roi Richard étant absent pur le service de Dieu, nous sommes obligés de prendre la protection de son royaume (3). Ayant donc
(t) Roger, p. 700 Rid.
Die, p 66i.Gervas.p.tâ7l.
(i) Radolph. p. 039. Id.
p. 064. Rogçr, p. 701. Jo.
Bromp. p iiiQ-
CJ Ro{Ç. p. 702, 706.
Cœlesl.Kp. 1.
appris que Jean , comte de Mortain , et quelques autres ont attenté contre ce royaume et contre n(»tre vénérable frère Guillaume, évêque d'Eli , légat du saint-siège , nous vous ordonnons , s il est ainsi , de vous assembler et de dénoncer les excommuniés au son des cloches et les cierges allumés , le comte et tous ceux qui se trouveront ses complices, pour avoir mis la main sur cet évêque, l'avoir pris ou détenu en prison , ou changé le gouvernement du royaume établi par le nû. Vous interdirez aussi tout offic(» divin dans les terres des coupables, jusqu'à ce qu'ils viennent s'en faire absoudre par nous , avec les lettres du légat et les vôtres, qui témoignent qu'il est en liberté et le royaume en son premier état. La lettre est du second jour de décembre , mil cent quatre-vingt-onze. L'évéque d'Eli l'envoya à saint Hugues, évêque de Lincoln, pour la faire exécuter; mais on n'eut aucun égard en Angleterre à cette lettre du pape ni à cellesdel évêque d'Eli, que Ton n'y regardoit plus ni comme le légat ni comme chancelier (1).
Ci^pendant l'archevêque de Rouen envoya des députés à Rome , qui , l'année suivante mil cent quatre-vingt-douze, lui écrivirent en ces termes (2) : Nous ne parlons point des périls et des l^atigues du voyage, et de ce qu'après avoir évité plusieurs embûches nous avons enfin rencontré des voleurs , qui nous ont tout ôlè, h(»rs nos chevaux et nos lettres; ainsi nous sommes arrivt^s sans argent en cette ville, où la dépense est grande. C etoit le onzième de février, et la cour logeoit à Saint-Pierre. Nous y trouvâmes les déput( s du < hancelier,qui sevantoient fort et paroissoient bien en leurs affaires, car ils se préparoient à partir, après avoir fait confirmer sa légation , dont les bulles étoient déjà scellées. Nous trouvâmes le pape et ceux qui ont le plus de part à sa confiance tout-àfait penchants du côté du chancelier ; toutefois, à notre arrivée, les bulles furent retenues.
Ayant obtenu audience , nous rapportâmes devant le pape et tous les cardinaux vos lettres, avec celles des évêques, des autres prélats et des justiciers d'Angleterre, y ajoutant ce que nous crûmes cimvenable à vos intentions. Les députés de 1 évêque d'Eli ayant proposé leurs réponses et leurs objections , le pape parla long-lempsa%ec indignation et amertume contre votre cause, et dit : Nous savons que le roi d'Angleterre a laissé le gouvernement de tout son royaume à l'évéque d'Eli , sans lui donner de supérieur ni d'égal. Nous en avons vu les lettres du roi , et nous n'en avons point vu qui les aient révoquées. H est vrai que plusieurs personnes vénérables nous écrivent ccmtre le chancelier, mais nous avons aussi reçu en sa faveur des lettres de plusieurs per-
(1) Roger, p. 770.
(2) Roger, p.
Bromp p. 1238.