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HISTOIRE DV CHRISTIANISME
sonnes considérables. Celles que vous apportez sont de ceux qui lont chassé, et nous ne nous étonnons pas qu'ils écrivent pour eux-mc^ines ISous savons que le roi n'a jamais lémoiffné à personne tant d amitié ni fait tant d honneur qu a cet évèque. Non content de lui avoir donné le tres-riche évéché d'Eli , la chancellerie et la régence de son royaume, il a encore demandé pour lui la légation au pape Clément, de Donne mémoire, et à nous, et nous l'avons accordée à ses instantes sollicitations. JNous ne pouvons croire, sans voir ses lettres et son sceau, qu'il ait si promptement olé ses bonnes grâces à un homme qu'il a tant aime, et nous ne pouvons , sans nous démentir nous-méme , suspendre ni révoquer la légation de l'évoque a Eh , accordée à la prière du roi et de tous les evéques d'Angleterre; nous en avons les lettres, et même de votre maître, l'archevêque de Rouen. Tous écrivoient pour lui quand il etoit en prospérité; aucune église alors, aucun mcmastére, aucun particulier ne se plaignoit a nous qu'il lit aucune exaction ; à présent qu'il est malheureux, tout le monde crie contre lui.
Ces raisons ne pouvoient être que d'un grand poids, étant proposées par celui qui na point de supérieur, qui est le ponlile et le juge souverain , a la volonté duquel personne ne résiste. Quelques-uns trouvoient encore fort contre vous la prière que le roi a faite au pape en revenant, de vous donner la légation eiî I^ormandieet dans ses autres états d'o'utre-mer il ne paroissoit croyable à personne qu'il voulut que vous eussiez en même temps la régence en Angleterre et la légation en Normandie puisqu'un même homme, résidant en cette province, ne peut exercer l'une et l'autre. Entin, le pape, étant un peu revenu, tant par nos instances que par celles de quelques cardinaux , que nous avions attirés à favoriser n )tre parti , a pris les avis de tous les cardinaux assembles , et , après une longue délibération il a prononce sa sentence, par laquelle il a déchargé le chancelier de votre dénonciation et réciproquement il a déclaré nulle la sentence que le chancelier avoit rendue contre vous De plus, il lui a enjoint de se purger sur la violence faite à l'archevêque d'York; il ne lui a pas ôté Texercice de sa légation , mais il la restreint en lui défendant de prononcer iiil(>rdit, suspense ou excommunication contre vous les evêques , les justiciers ou les grands d'Angleterre.
Le pape a ajouté que, de concert avec les parties, il enverroit sur les lieux des personnes capables d'être médiateurs de la paix entre vous et le chancelier, du moins pour Oter 1 aigreur des esprits. Au reste, nous espérons faire révoquer les lettres du pape adressées à tous les eveques d'Angleterre , en vertu desquelles le chancelier vous a dénoncé , excommunie avec plusieurs autres. Et , comme nous nous en plaignions en plein consistoire les
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ment qu il n avoit point eu connoissance de ces lettres; les cardinaux en dirent autant avec admiration, et le pap<» n écouta point la re montrance des députés du chancelier. Mais h nuit suivante ils vinrent trouver le pané lui reprochèrent d'avoir nié publiquement son nroprêtait, lui représentèrent les services que leur maître lui avoit rendus, et le conjuré rent, pour I honneur de l'église romaine et sa propre gloire, de rendre témoignage à la vente. Le pape, cédant à ses remontrances fit le rndemain cette déclaration publiquement à 1 audience, en présence des cardinaux du cierge et du peuple : Mes frères, je confesse que j ai fait une grande faute contre l'évêque d'Eh et ses députés; car le me suis souvenu que les lettres par lesquelles j ai conlirmé sa sentence d'excommunication contre le comte de Mortain, l'archevêque de Rouen et leurs complices, ont été expédiées par mon ordre; je les approuve encore, et ordonne qu'elles soient exécutées. Telle est la lettre des députés de l'archevêque de Rouen.