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XL. Ordre du Val des-Choux

Vers le même temps, commença l'ordre du Val-des-Choux (-2). Dans la Chartreuse de Lou- \igny, au diocèse de Langres, vivoit en mil cent quatre-vingt-huit un frère convers , nomme Viard , qui se sentit appelé a une vie plus austère et plus éloignée des soins temporels que ne permettoit son étal. Il se relira donc avec la permission de ses supérieurs dans un boisa deux lieues de Louvigny , et y demeura quelque temps caché dans une caverne, pratiquant des austérités extraordinaires. Enfin il fut découvert par les peuples du voisina'»^e et vint même à la connoissance du duc de^'Bour-oj.w, qui le visita souvent. Ce prince étant prêt à donner un combat dangereux, promit à A iard que, s'il en revenoil vainqueur , il lui fonderoit un monastère dans le même lieu. Il remporta la victoire, et exécuta sa promesse; et le nouveau monastère carda le nom du lieu, qu on nommoit le \al- Tles-Choux. Une ancienne inscription de le glise porte que Viard y entra le second jour de novembre mil cent (luatre-vingt-duuze.

Il donna à ses disciples des constitutions fort semblables à celles des chartreux, qui furent depuis confirmées par le pape Honorius 111 (:n. Voici comme en parle Jacques de Vitry, auteur du temps, qui loutelois s est trompé en ce qu'il a cru qu ils suivoienl l institut de CIteaux. Ils logent, dit-il, dans de neliles cellules pour vaquer plus tranquillement à la lecture, la prière et la meauation Pour retrancher les soins extérieurs, ils n on ni troup<MUX ni terres labourables, el se sont marqucî^les lK>rnes hors l'enclos du monastère, au delà desquelles il ne leur est pas permis de s'èloi-ner 11 n y a que le prieur qui puisse Lrlir, et' encore avec quelqu'un des frères, Dour visiter les monastères qui lui sont soumis ou pour quelqu'autre cause nécessaire. Ils ont dans leurs limites des jardins fruitiers

et potagers ; et ils sortent à certaines heures pour les cultiver cl manger le fruit de leur travail. Pour suppléer au reste de leurs besoins, ils ont des revenus annuels qu'ils reçoivent sans grande peine. El, de peur qu'une excessive pauvreté ne les détourne de leurs occupations spirituelles, ou ne les oblige à mendier, ils ne reçoivent en chaque maison qu'autant de sujets "qu'elle en peut entretenir de ses revenus.

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