LIVRE SOIXANTE-QUATORZIÈME
(1) Roiîcr, p 29, n. 30, 37. Geslaliin. III , 48, 4y, 50. Aucl. Aquicincl. auu.
(i) Sup.liv. L\vii,ii.53,
(1) Ep. 202. duin. ^ . .^ ^ „
(«) Gerv. p. 15». -" (4) Celest. Ep. 5, ap. Ro (3) Roger, p. 738. Go- ger, p. 749.
voir fait depuis sa promotion , ni ordination des clercs , ni dédicaces d'églises , ni bénédictions d'abbés , ni tenu de synodes. De médire volontiers des clercs et des abbés , et de les excommunier légèrement. De ruiner les libertés et les bonnes coutumes de son église. De mépriser les appellations à Rome, et avoir fait mettre en prison plusieurs personnes pour y avoir appelé ; d'avoir excommunié ou privé de leurs bénéfices des chanoines après leur appel. On disoit encore que ce prélat n'avoit aucun égard aux privilèges des papes, et qu'au contraire , ils nuisoient à ceux qui les produisoient devant lui. Que, loin d'exécuter les jugements des délégués du saint-siège , il s'en offensoit , et chassoit avec violence ceux que ces juges avoient remis en possession. Qu'il refusoil les personnes capables présentées pour remplir les églises vacantes, et y mettoit de sa seule autorité des enfants ou des personnes décriées, ou s'en appliquoit les fruits sans qu'elles vacassent. Que souvent en conférant les bénéfices il les coupoit ou les chargeoit de pensions à son profit, et qu'il faisoitpayer Tabsolution des censures.
Sur ces plaintes , le pape donna commission à saint Hugues, évéque de Lincoln, avec un archidiacre et un prieur, d'aller à York et d'en faire des informations exactes. S'il se présente , dit-il , des accusateurs légitimes , vous les écouterez et nous enverrez leurs dépositions closes sous vos sceaux, assignant aux parties un terme compétent pour se présenter au saint-siège. S'il n'y a point d'autres accusateurs contre l'archevêque , que la commune renommée, vous lui prescrirez la purgation canonique , avec trois évéques et trois abbés ; et, s'il ne peut y satisfaire, vous le suspendrez de ses fonctions , et nous l'enverrez pour être instruit de ses devoirs. S'il propose quelque reproche contre ses accusateurs, vous nous l'enverrez aussi sous vos sceaux. Mais , si pour éluder notre commandement avant que d'avoir reçu votre citation il appelle ou se met en chemin pour venir à Rome, vous lui donnerez un terme de trois mois pour se présenter en personne devant nous ; à faute de quoi vous le déclarerez dès lors suspens de toute fonction. La lettre est datée de Rome, le huitième de juin mil cent quatre-vingt-quatorze.
L'évéque de Lincoln et ses deux collègues s'acquittèrent fidèlement de leur commission (1). Ils vinrent à York le dimanche après l'Epiphanie , huitième janvier mil cent quatrevingt quinze ; el, ayant assemblé dans la cathédrale les abbés et tout le clergé du diocèse , ils informèrent sur tous les articles contenus dans leur commission , en présence des clercs de l'archevêque, qui dirent qu'il avoit appelé et pris le chemin de Rome. Les commissaires y envoyèrent les informations , donnant à l'archevêque un délai de six semaines au delà des
(1) Roger, p. 749,750.
trois mois accordés par le pape , et marquant a ses adversaires pour terme de leur comparution devant le pape pour le premier jour de jum de la même anuée , mil cent quatrc-vin^tquinze. ^