LIVRE SOIXANTE-QUATORZIEME
(1) Paperb. to. U, p. 51. (i} Hist. transl.br. S. Ph. Rigeart, p. :n. Ep. 15H, al. Boll. to. 12, p. 10. Glo. Vil- 175, et ib iiol. (iall. Chr. t. laiii, liv. v, c. 13. 1, p. 03'>. t3) Sup. I. LWiii, n. r.l.
ISicel, p. 25U.
bliqueinent sur son tribunal qu'il ne lo connoissoil point aupara>ant , mais que la Sainte- Vierge le lui avoil montré de nuit , lui faisant connoltre son mérite, sa (igurr et le lieu où il demeuroit. Mais nonobstant les louanges qu'il lui avoit données, le représentant comme un homme divin, il ne le laissa pas un an sur le siège de Constantinople , et en mil cent quatre vingt-treize il } transféra Dosithée de Jérusalem.
Or, comme il savoit que celte translation étoit contre les canons, il consulta artilicieusement Théodore Ralsamon, patriarche grec d Anlioche(l},qui résidoit à Constantinople, et étoit le plus habile jurisconsulte du temps. L'empereur, l'ayant pris en particulier, lui dit avec de grandes démonstrations de douleur : Il est bien triste que l'Eglise soit tellement dépourvue d'hommes distingués par la science et par la vertu même chez les moines , que nous ne puissions en trouver un digne de remplir le siège de Conslantinople. H y a longtemps, ajoula-t-il, que je v(mdrois vous y placer comme une lumière éclatante» par la science des lois , mais je suis retenu par la sévérité des canons contre les translations. Si par la profonde connoissance que vous en avez vous pouvez montrer et persuader aux autres que cette translaticm est permise , je la regarderois comme un grand avantage , et ne dilïérerois pas à l'exécuter. Théodure répondit que la chose étoit faisable, et depuis ce jour il y eut plusieurs conférences entre les évèques pour examiner la question de la translation, qui fut aussitôt jugée permise; l'empereur en fit un décret, mais ce fut Dosithée qui fut transféré de Jérusalem à Conslantinople, et Théodore Ralsamon demeura patriarche d'Antioche.
Cette. translation de Dosithée se fit en mil cent quatre-vingt-treize , et, comme il étoit à Constantinople, il lut intronisé en grande cérémonie et avec une espèce de triomphe. Mais les prélats, trompés en leur faisant violer les canons pour un si indigne sujet , ne purent s'emp<*'cher de témoigner hnir mépris , et tinrent des assemblées si'crètes avec les principaux du clergé de Constantinople, où Dosithée fut traité d'usurpateur et chassé du siège. L'empereur, ne voulant pas en avoir l'affront, le lit rétablir et r<*metlre en possession, accompagné de ses gardes pour le garantir de la violence du peupli', à qui son ambition l'avoit rendu odieux. Enlin, lempereur fut contraint de l'abandonner, et il se trouva exclus de ses deux sièges, car on avoit donné à un autre celui de Jérusalem. A sa place, on lit patriarche de Constantinople, en mil cent quatre-vingtquatorze, Georges Xiphilin, grand trésorier ou scévopliylax de la même église , qui tint le siège trois ans et dix mois (2).