‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 2383 sur 2407 · L.WII · texte numérisé non relu

L.WII

Cependant le pape Célestin , ayant appris comnienl le mai iage du roi Pliilippe avec Ingeburge avoil été dédale nul , et louche des plaintes du roi de DancniariU, frère de cette princesse, envoya en France deux legals, Mélior, prélrc-cardinal . cl Cenc.o, sous-diacre, qui , étant arrivés à Paris , y assemblèrent un concile de tous les évtMues et les abbes du rovaunie pour examiner la validilc de ce mariage; maisla crainte les ayant empêches d agir avec liberté, leuriégalion lui sans elîet. Apres leur retour le pape écrivit a Michel archev,-que de Sens, se plaignant (;u avant de décider une alTaire de cctK' importaiu c on n eut pas consulte le sainl-siége, qwmiu on doive lui rapporter toutes U-s causes majeures suivant la niaxiiue établie par les canons et toujours observée par ré:.lis<-gallicane(t). licite l'exemple du mariage de Lolhaire et de -Thietberce, et continue ainsi : Nous ayons exhorte le ro Philii>i)e par le sous - diacre Cencio envoyé exprès, et par nos lettres, a traiter maritalement la princesse son ep<?"se sans écouter les mauvais conseils , mais il «a Pfs reçu ce légal avec la dévotion convenable. C est pourquoi^ ayant égard à l'acte public qui nous a été envoyé par larchevC-que de Luiiden et ses sulTraganti , louchant la généalogie de la princessi- et la commune renommée , nous cassons et annulons , de favis de nos frères, cet e sentence de divorce rendue (ontre la rorm(; de "droit vous mandant et ordonnant que si le roi du vivant de cette princesse, en vouloit épousi-r une autre , vous lui défendiez exprès-

des pauvres; et, entre les grands biens quil fit il fonda quatre abbayes dans son diocèse , dcAx de chanoines réguliers , Héri vaux et Hermières ; deux de filles, Hiere et Gif (2). Il laissa aux pauvres tout ee qu il avoit en fonds déterres; et comme il étoit informe que, de son temps , plusieurs savants doutoient de la résurrection des corps, il fit écrire sur un rouleauce fameux passage de Job (3): Je saisque mon rédempteur est vivant , et qu au dermer iour ie me lèverai de terre , et le reste. 11 ordonna en mourant que l'on mît sur sa poitrine ce rouleau étendu , afin que tous les hommes de lettres qui viendroienl a ses funérailles fussent confirmés dans \a foi de la résurrection. U fut enterré a Saint-\ ictor , au

milieu du chœur. , n • r *

Son successeur dans le siège de Pans fut Eudes , fils d'Archambaud , seigneur de ï^ully et frère de Henri , archevêque de Bourges. Pierre de Blois, qui étoit alors en Angleterre, écrivit ainsi sur cette élection à labbe de Glocesler qui lui avoit demandé ce qu il en savoit. Après la mort de Maurice, le chapitre de Paris délibéra sur le choix du successeur (4). U V avoit plusieurs vieillards , qui depuis longtemps avoient amassé de l'argent pour 1 eraplovcr à cette occasion, et qui , par leurs agents, faisoient des propositions honteuses; mais cette sage compagnie éluda leurs artifices et choisit tout d'une voix et malgré lui, Eudes, le^chantre de Bourses. Je l'ai connu à Pans, et cheri tendrement pendant le temps de ses études , ou l'onction spirituelle l'inslruisoit plus que les leçons de se. maîtres. Son précepteur, qui etoit mon disciple, m'a souvent rapporte avec quel soin quelle dévotion et quel secret il s appliquoit dès lors, tout jeune qu'il èloit aux œuvres de piété, particulièrement a l aumône. Ayant atteint l'âge de puberté, il alla a Rome, dans le temps que Grégoire Vlll succéda a Urbain. J'y étois alors , et je vis avec plaisir

(1) l\i{5ord, p.37.Ap Uadulf. Dic.p. 081. Sup. l.x, a. 01.

(1) !\igonl, p. 40. G esta Imi.lU, n, i>» Ap. Baluz.

1, Miscel. p. 42i.

(2) Ilifiord. p. 40. Snp.

l. lA\,n 33.

(3) Job. XIX, 25.

(4) Kp. m.

que le papo ot les cardinaux lui rendirent des honneurs peu inférieurs à ceux desévèques(l) î^elant conservé dès l'enfance dans une \randc pureté, il travailla pendant la force de sa jeunesse a réprimer l'insolence de la cliair par les veilles, les jeunes et les disciplines. Il distri- Duoit aux pauvres un grand revenu qu il avoit en An^^leterre , et entretenoit trois écoliers pauvres, niais studieux et vertueux. JJepuis qui est sacre évéque, on dit publiquement quil s applique sans relâche à ses devoirs II est Irere de l'archevêque de Bourges, descendu de princes trés-illustres, parent, d'un côté, du roi d Angleterre, et, de l'autre, encore plus proche parent du roi de France.

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