‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 2388 sur 2407 · LXIII. Eglise du Nord · texte numérisé non relu

LXIII. Eglise du Nord

tAode J.C. 1197.

La mc^me année mil cent quatre-vingt-dixsept, mourut en Livonie Berthold, second évéque de Riga. Après la mort de Meinard, fondateur de cette église, Berthold, dont le mérite etoit connu de tout le monde, fut élu d'un commun consentement du clergé et du peuple ; et étant Tenu à Brème, y fut sacré évéque (1) ; on lui donna même un revenu jusqu'à la valeur de vingt marcs d'argent. Par ses exhortations, quelques seigneurs se croisèrent pour marcher contre les infidèles, et quelques ecclésiastiques promirent de les accompagner ; mais comme il n'y avoit point alors de croisade pour Jérusalem , le pape Célestin permit a ceux qui a voient fait vœu d'y aller de se joindre à ceux qui alloient en Livonie, leur promettant la même indulgence. Il se fit donc de toute la Saxe, la Westphalie et la Frise, une grande assemblée de prélats , de clercs de chevaliers et de marchands qui , s'étant pourvus a Lubeck de vaisseaux, d'armes et de vivres, arrivèrent jusqu'en Livonie. Mais 1 evéque Berthold s'étant mis à leur tète pour marcher contre les infidèles, il tomba entre leurs mains, accompagné seulement de deux autres, et ils le tuèrent. On le tint pour martyr ; et ce qui confirma l'opinion de sa sainteté, c est que deux jours après, comme on chercnoit les morts, on trouva son corps sans corruption , quoique les autres fussent pleins de mouches et de vers. On l'enterra à Riga, et on lui donna pour successeur Albert, chanoine de Brème , jeune homme , mais qui dans ses mœurs avoit déjà une grande maturité.

Quelque temps auparavant, étoit mort Bernon, prt'mier évéque de Suérin. Car du temps des Ohon , la résidence des évèques de cette provinceétoità Mecklembourg, etBernon luimême y avoit résidé du temps du pape Adrien ; mais la crainte des Scia ves, qui avoient souvent insulté ses évèques , fil transférer le siège à Suérin. Beniun y fut donc établi le premier par Henri de Lyon, duc de Saxe. Il ne laissa pas dètre maltraité par les barbares, il fut battu, souffleté et souvent mené avec dérision aux sacrifices des idoles. Toutefois, il persévéra avec tant de fermeté , qu'il abolit lidolàtrie , ampa les bois consacrés aux faux dieux , et au

Page 1