LXII. Mort de Henri IV. Philippe et Othon, rois des
Romains.
L'empereur Henri éloit retourné en Sicile, et mourut à IMcssine la veille de Saint-Michel, vingt-huitième de septembre mil cent quatrevingt-dix-sept, extrêmement haï des gens du pays-, même de T impératrice Constance sa femme , à cause des cruautés qu'il avoit exercées contre eux. Le bruit courut même qu'elle l'avoit fait empoisonner. H avoit régné sept ans depuis la mort de son père. Comme il étoit encore excommunié à cause de la prise du roi Richard et de la rançon qu'il en avoit exigée, le pape défendit de l'enterrer, et l'archevêque de Messine fut obligé d'aller à Rome en demander la permission. Le pape ne l'accorda qu'à condition que le roi d'Angleterre y consentiroit, et que l'argent seroit rendu (1). L'archevêque de Messine demandoit encore le consentement du pape pour faire couronner roi de Sicile Fridéric, fils de l'empereur Henri. Le pape répondit qu'il le permettoit si les cardinaux y consentoient ; et pour cette permission , on donna mille marcs d'argent au pape et autant aux cardinaux. Il fallut aussi que l'impératrice jurât, sur les Evangiles, que Fridéric étoit fils de l'empereur et d'elle. Ce petit prince n'avoit pas encore trois ans , étant né le vingt-sixième de décembre mil cent quatre-vingt-quatorze. On lui donna pour tuteur son oncle Philippe, duc de Souabe, frère de l'empereur Henri , qui fut élu roi des Romains par la haute Allemagne et par la Pouille et la Sicile; mais la basse Allemagne élut Othon, duc de Saxe, et cette division dans l'empire en attira une grande dans l'Eglise (2).
fi) Inno.IU. lib. 11, Ep.
(2 Roger , 773. Olho.c.
(1) Roger, p. 773. Sup.
n. 5. Roger, p. 774.
(2) Al. Stad. ann. Rie.
et S. Ger. Ausl. AquiciocU an. 1198.
HISTOIRE DU CHRISTIANISME