IV. Infidélité de Didier
Ije roi Didier, voyant que tous ses artifices avoient été inutiles pour obliger le pape Adrien à le venir trouver et sacrer les enfants de Carloman , sortit de Pavie avec eux et avec ses troupes, et marcha vers Rome (1). Il envoya devant en avertir le pape, qui répondit : Si le roi ne rend les villes qu'il a promises, et ne nous fait entièrement justice, il est inutile qu'il se donne la peine de venir ; car il est impossible que je paroisse devant lui. Cette réponse n'arrêta pas Didier; et le pape, sachant qu'il approchoit, rassembla les troupes qu'il put pour la défense de Rome, y fit porter tous les
(1) Anast.
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HISTOIllE DU CHRISTIANISME.
ornements et les trésors des églises de Saint- Pierre et de Saint-Paul,et les fitsi bien lermer, que le roi n'y pouvoit entrer qu'en brisant les portes. Ensuite il envoya au roi un écrit, où il le conjuroit, par tous les divins mystères, de ne point entrer sans son congé sur les terres des Romains. Cette protestation fut portée par trois évêques, Eustrate d'Albane, André de Preneste et Théodore de Tibur , et le roi , 1 ayant reçue à Yiterbe, y eut tant d'égards, qu il s'en retourna chez lui.
Cependant il assuroit le roi Charles qu'il avoit rendu les villes prises, et fait justice a l'église romaine. Charles, pour s'éclaircir avant toutes chuses de la vérité du fait, envoya à Rome un évêque, nommé George, \ulfard, abbé de Saint-Martin de Tours, et Albm, son favori , à qui Ion lit voir sur Us lieux tout le contraire, et que Didier n'avoit rien rendu. Charles, ayant encore essayé plusieurs fois d'obliger Didier à traiter à l'amiable, passa enhn les Alpes, et l'assiégea dans Pavie, où il s'etoit enfermé. Cependant tous les Lombards de Rieti et de Spolèle vinrent se donner au pape Adrien, qui, les ayant assemblés dans l'église de Saint-Pierre, leur lit prêter serment de lidelité pour lui et ses successeurs : après quoi ils se firent couper la barbe et les cheveux à la manière des Romains; et le pape leur donna pour duc l'un d'entre eux, qu'ils choisirent, nommé Hildebrand. Les habitants de Formo et d'Ossimo, d'Ancone et de Foligni, en firent de mémo.