‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 246 sur 2407 · II. MorldePaul Afiarte · texte numérisé non relu

II. MorldePaul Afiarte

Paul Afiarte ctoil le chef des députés envoyés par le pape au roi Didier. Pendant son absence, on découvrit à Rome comment il avoit fait mourir Sergius. Ce qui obligea le pape d'envoyer secrètement à Léon , archevêque de Ravenne, le prier d arrêter Paul , quand il y passeroit au retour de Lombardie, ce qui i'iii exécuté. Cependant le pape lit à Rome des informations exactes de la mort de Sergius. On trouva même son corps ayant une corde au cou, et percé de plusieurs plaies. Les grands et le peuple de Rome en furent tellement frappés, qu'ils allèrent demander justice au pape , lui représentant que si ce crime demeuroit impuni on en devoit craindre plusieurs autres. Le pape fit livrer au préfet de Rome les complices , et, après les avoir convaincus, on les envoya en exil à Constantinople. Le pape envoya à Ra vernie les actes du procès , pour être lus à Paul, voulant seulement le convaincre et lui faire faire pénitence. Mais l'archevêque Léon l'avoit déjà remis au consulaire de la ville, qui l'examina publiquement, il confessa son crime. Le pape, voulant lui sauver la

qu'il pria de faire transférer Paul à Constan- : Chitimar venoit tous les ans au monastère de tinople. Mais, nonobstant les défenses et les | Saint-Pierre s'offrir à Dieu , et faire quelque

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Îirotestations du pafx; , Léon obligea le consuaire de Ravenne à faire mourir Paul Afiarte. Il voulut ensuite persuader au pape qu'il n'avoit point trempé dans cette mort ; mais le pape ne reçut point ses excuses. On voit ici combien le pape Adrien étoit attaché à l'ancienne discipline, de sauver la vie aux criminels pour leur donner lieu de faire pénitence.

Le pape, voyant qu'il n'avançoit rien auprès de Didier, qui au contraire menaçoit Rome , eut recours au roi Charles , et lui envoya des légats, dont le chef, nommé Pierre, étant arrivé à Marseille, traversa la France, et vint jusqu'à Thion ville. Le roi Charles y passa l'hiver cette année, sept cent soixante - douze, au retour de sa première campagne contre les Saxons , en laquelle il s'avança jusqu'au Weser, et prit Eresbourg , où étoit leur fameux idole d'irmensul, le dieu de la guerre (1). Son temple étoit rempli de grands trésors que Charles enleva , et fit abattre le temple et l'idole.

lU. Saint Virgile de Saltzbourg.

La même année, sept cent soixante-douze, vingt-deuxième du règne de Tassillon , duc de Bavière, il fit tenir un concile au lieu nonmié Dingolvingue, où se trouvèrent six év(k|ues, dont le plus connu est saint Virgile de SaltzlK)urg , et treize abbés (2). Saint Virgile étoit né en Irlande, et s'y étcût distingué par sa doctrine. Etant venu en France du temps du roi Pépin, ce prince le goûta tellement, qu'il le retint auprès de lui environ deux ans (3); puis le siégedeJuvave, depuis nommée Saltzbourg, étant venu à vaquer , le roi lui donna cet evêché, et le recommanda à Ollilon, duc de Ravière, son ami et son beau-frère. Saint Virgile demeura deux ans sans se faire ordonner évêque, et en faisoit cependant exercer les fonctions par un évêque , nonmié Dobda , venu d'irlandeaveclui. Enfin, pressé par les instances du peuple et des évêques voisins , il reçut d'eux la consécration épiscopale le quinzième de juin, l'an sept cent soixante-six. Il rebâtit magnifiquement le monastère de Saint-Pierre de Saltzbourg , dont il avoit été abbé ; et en transféra le corps de saint Rupert dans une nouvelle église dédiée au saint , qui devint la cathédrale.

Rorulh , duc des Carantnas ou Carinthiens , ayant donné son fils (^araste en otage aux Ravarois , demanda qu'il fût baptisé , et élevé à

(l) Eginh. p. 95. Annal. Loisel. vil. vie.

Cl) Ann. Pellav. Tilian.

Loisel. Gang. Gloss.

<2) Tom.6,Conc.p.l679.

(3) Acla SS. Ben. t. 4, p

présent. 11 pria saint Virgile de venir visiter son peuple , et le confirm'T dans la foi : et saint Virgile, n'y pouvant aller, y envoya à sa place un évêque, nommé Modeste, avec quatre de ses prêtres , un diacre, et quelques clercs , lui donnant le pouvoir de consacrer des églises et faire des ordinations. JModeste y denieura tait qu'il vécut. Après sa mort, le duc Chétimar pria encore saint Virgile de venir ; mais il le refusa à cause d'une révolte qui s'étoit élevée dans le pays. Il y envoya seulement un des quatre prêtres qui avoient accompagné l'évêque Modeste, et qu'une autre sédition obligea bientôt à quitter. Apres qu'elfe fut apaisée, saint Virgile y envoya deux autres prêtres , l'un après l'autre ; mais le duc Chétimar étant mort , et le pays en trouble , il demeura quelques années sans prêtre. Ensuite, à la prière du duc Valune, saint Virgile y envoya jusqu'à quatorze prêtres, à quatre diverses fois. Tels furent les commencements de l'église de Carinthie.

Saint Virgile , voulant déraciner les restes d'idolâtrie qui pouvoient se trouver encore dans son diocèse et y affermir la foi, en fit la visite en personne, au grand contentement des peuples, qui désiroient de le voir depuis long-tenjps. Les seigneurs de chaque pays venoient au devant de lui avec pompe , les personnes de piété l'accompagnoient en foule : c'étoit à qui le recevroil. 11 consacra plusieurs églises , ordonna des clercs, et par la Carinthie vint jusqu'aux confins des Huns, où le Drave se rend dans le Danube. Etant de retour chez lui, il connut que sa fin étoit proche, et, ayant célébré les saint mystères, il fut attaqué d'une légère maladie qui 1 emporta le vingt-septième de novembre, l'an sept cent quatre-vingt. Il fut enterré dans le monastère de Saint-Pierre, qu'il avoit gouverné et rebâti.

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