Sup. I.XLI, n.G. K.vi, Hist.c. iO, loniÔ. Bibl.P.P
Lug.p. 403,uilin. I.IO.
livres, et composé, comme il témoigne luimême, du temps du pape Paul et de Didier, roi des Lombards , c'est-à-dire avant l'an sept cent soixante-sept. Cet ouvrage fut blâmé par quelques-uns, qui disoient que ce n'étoit plus le temps d'expliquer les Ecritures; et, pour se mettre à couvert de leurs censures, Auîpert pria le pape Etienne III de lui donner une approbation authentique (1) Ce qu'aucun autre auteur, dit-il, n'a fait avant moi On a aussi de lui quelques homélies , entre autres une sur l'assomption , où il déclare qu'il ne décide point si la Sainte-Yierge a été enlevée au ciel en corps ou en àme (2). Il avoit aussi écrit un traité du combat des vertus et des vices, qui se trouve entre les œuvres de saint Augustin, et que l'équivoque du nom a fait attribuer au grand saint Ambroise (3). Outre les écrits, Autpert préchoit aussi de vive voix ; mais il estimoit encore plus la vertu que la doctrine. Il disoit à Dieu : Je n'ai pas quitté mon pays et mes parents , afin que vous me donniez la science, mais afin que vous me conduisiez à la vie éternelle par la perfection des vertus (4). Si je ne puis obtenir l'un et l'autre, ôtez-moi la science , et me donnez la vertu. Enfin, il fut élu abbé de ce monastère de Saint- Vincent, le septième après Paldon, quil'avoit fondé , et obtint du roi Charles des lettres de confirmation des donations que les rois des Lombards et les ducs de Bénévent avoient faites
au monastère.
Quoiqu' Autpert eût été élu abbé maigre lui, il y eut schisme dans l'abbaye à son occasion, et Poton se prétendit abbé en même temps. On croit que son parti étoit de Lombards, et celui d'Autpert de François (5). Le roi Charles renvoya au pape Adrien la connoissance de ce différent ; mais l'abbé Autpert, allant à Rome pour cet effet , mourut subitement, l'an sept cent soixante-dix-huit, le dixneuvième de juillet , après avoir eu le titre d'abbé pendant environ deux ans. Poton étant arrivé à Rome avec les principaux moines des deux partis , le pape les fit venir devant lui , étant accompagné pour ce jugement de Possessor archevêque de Taranlaise , de quatre abbés, d'Ilildebrand , duc de Spolète, de ses principaux officiers, et de plusieurs autres personnes. Poton fut accusé par plusieurs moines de divers faits, dont le plus considérable étoit de les avoir empêchés d'aller trouver le roi ; mais il s'en défendit , et le pape , ne trouvant pas de preuve suffisante contre lui, ordonna qu'il se pur^eroit par serment, et que dix des principaux moines, cinq Lombards et cinq Francois, jureroient de ne lui avoir jamais nen ouï-dîre contre la fidéfité due au roi. Ils demandèrent d'aller le trouver : ce que le pape
(1) Epist.adSceph. Cad.
(2) P. 405. Acla Ben.
lom. 4, p. 200.
(3) Append. t. ô, pîtO.
(4) Init. lib. IX, in Apoc.
(5) Lib. Carol. Epist. 72.