‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 256 sur 2407 · XI. Saint Lebvin · texte numérisé non relu

XI. Saint Lebvin

Entre les disciples de saint Grégoire d'Utrecht, on compte saint Lebvin , ou plutôt Liéfuvyn, Anglois, qui, ayant été ordonné prêtre, passa la mer, vint à Ulrecht trouver saint Grégoire, et s'offrir à lui, disant qu'il avoit reçu ordre de Dieu d'aller prêcher sur l'Isèle, qui étoit la frontière des François et des Saxons (2). Comme ce lieu étoit du diocèse d'Utrecht, saint Grégoire l'y envoya volontiers, lui donnant pour compagnon Marchelme, aussi Anglois, son disciple. Ils logèrent quelque temps chez une veuve, et, ayant converti plusieurs infidèles, ils bàlirenl un oratoire au lieu nommé Yilpa sur risèle, au couchant. Ensuite, le nombre des fidèles croissant, ils en bâtirent un autre plus grand au delà du même fleuve , avec une maison pour leur habitation, au lieu nommé Daventrie, de Davon, ami de saint Lebvin. Quelque temps après, les Saxons, irrités du progrès qu'ils faisoient , brûlèrent l'église et la maison , et chassèrent les chrétiens qu'ils y trouvèrent. Mais saint Lebvin s'en sauva , et ne laissa pas de continuer à prêcher.

Ayant appris que les Saxons alloient tenir leur assemblée générale sur le Wescr, il y alla et logea chez un des plus puissants d'entre eux, qui fit son possible pour le détourner de son dessein , l'assurant que sa vie ne seroit pas en siireté. Saint Lebvin ne laissa pas de se présenter à l'assemblée des Saxons , revêtu de ses babils sacerdotaux, portant à ses mains la croix et TEvangile. L'assembée commença, selon la coutume, par des sacrifices aux faux dieux ; d'où saint Lebvin prit occasion de les prêcher , s'avançant au milieu d'eux , et les exhortant à haute voix à quitter ses superstitions, et à adorer le vrai Dieu : Si vous ne le faites, ajouta-t-il, vous sentirez bientôt des maux que vous n'attendez pas. Un roi puissant, qui n'est pas éloigné de vous, et que vous avez toujours irrité, viendra ravager votre pays, enlever en captivité vos femmes et vos enfants , et vous soumettre à sa puissance. A ces mots , les Saxons poussèrent de tous côtés des cris confus, et commencèrent à arracher, dans les haies voisines, des bâtons qu'ils aiguisoient, pour le percer de coups, quand un des plus vénérables d'entre eux, nommé Ruto, monta sur une hauteur et leur dit : Ecoutezmoi , vous qui êtes les plus sages. Il nous vient souvent des ambassadeurs des nations voisines, INormands , Sclaves , Frisons : nous les avons toujours reçus paisiblement,

(1) V. Mabill. Obs. p. 319.

(n Coint. an. 770, n. 27.

IMabill. ad vitani S. Lud^^ tom. 5, A, 23. Marljr. il.

23 au^.

(2) Vila ap. Sur. 12 novcmb Vita Sanct. Ludg.to.

6, Ad. 13. p t2.

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HISTOIRE DU CHKlSTlAiMSME.

[An de J.-C.77\J.

AndeJ.-C.779]

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