Sup. lib. XUII> n
HISTOIRE DU CHRISTIANISME
[An de J.-C.78o,
ne vient point de Dieu. Tirons au sort pour voir si nous devons le faire mourir ouïe renvoyer. Dieu conduisit le sort de telle manière, qu'il lui fut favorable, et les barbares ayant tenu conseil , le laissèrent aller.
De là , il vint à Drente , où il convertit et baplisa plusieurs païens. La religion faisant du progrès, quelques-uns de ses disciples commencèrent à abattre des temples, de quoi les infidèles, étant irrités, vouloient les exterminer. Ils chargèrent Yillebade à coups de bâton ; et l'un d'eux lui voulut couper la tète , mais répée, sans lui faire aucun mal, coupa seulement la courroie d'un reliquaire qu'il portoit pendu à son cou. Les barbares, étonnés de cette merveille, le laissèrent aller avec ses compagnons.
Le roi Charles, ayant ouï-parler de lui, le fit venir, le reçut avec honneur, l'entretint, et, ayant reconnu sa doctrine et sa vertu , l'envoya en Saxe, au canton nommé alors Vigmode , au delà du Weser, où sont les évéchés de Verde et de Brème. Le roi voulut que, sous sa protection, il fondât des églises, et y travaillât à l'instruction des peuples. Le saint prêtre s'en acquitta si bien, que la seconde année, qui étoil l'an sept cent quatre-vingt , les Saxons et les Frisons du voisinage promirent tous de se faire chrétiens.