XIX. Commencement de saint Ludger
La révolte de ViUquind entraîna aussi la Frise : les Saxons y brûlèrent les églises , en chassèrent les prêtres jusqu'à la rivière deFlée, obligèrent les Frisons à renoncer à Jésus-Christ, et à immoler aux idoles, comme auparavant. Albéric, évêque d'Utrecht, mourut dans le même temps ; et le prêtre Ludger, qui se trouvoil alors à la tête de cette égfise, fut réduit a quitter le pays (2). Il en étoit natif et de race noble ; son père et sa mère étoient chrétiens ; et sa mère avoit été conservée par un effet singulier de la Providence. Elle avoit une aïeule païenne qui , irritée de ce que son fils n'avoit que des filles, ordonna que l'on fit mourir celle-ci avant qu'elle eût tété ; car ces païens superstitieux croyoient permis de faire mourir un enfant , pourvu qu'il n'eût pris encore aucune nourriture. Le domestique, chargé decette exécuUon, voulut plonger l'enfant dansunseau d'eau, la tête la première; mais la peUte, étendant ses bras contre le bord du seau , résista assez long-temps pour attirer la compassion d'une femme du voisinage , qui la prit , l'emporta chez elle, et lui fit promptement avaler du miel , après quoi il ne fut plus permis de la faire mourir. Elle fut mère de deux saints évêques, Ludger et Ilildegrin, et de plusieurs filles, mères de plusieurs autres
évêques.
Saint Ludger, dès son enfance, pria ses parents de le donner à instruire à quelque homme de Dieu , et Us le mirent sous la conduite de
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(2) Vita Saueti Ludg.
HISTOIRE DU CHRISTIANISME