‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 27 sur 2407 · XXV. Quinzième session. Polychrone · texte numérisé non relu

XXV. Quinzième session. Polychrone

La quinzième session fut donc tenue trois semaines après la précédente , et le vingtsixième d'avril. On flt entrer Polychrone, et on lui ordonna de déclarer sa créance. Il répondit : Je donnerai ma confession de foi par les œuvres, sur un mort , en priant le Gis de Dieu de le ressusciter ; s'il ne ressuscite pas , me voici : le concile et l'empereur feront de moi ce qu'il leur plaira (2). Le concile dit : Nous voulons savoir quelle confession de foi vous prétendez faire sur le mort. Polychrone répondit : Quand je l'y mettrai, vous la lirez. Le concile dit -. Voilà le mort tout prêt ; donnez votre confession de foi. Polychrone tira un papier scellé d'un sceau où étoit gravé le monogramme dePolychrone, confesseur, c'està-dire apparemment de l'évêque de Ctésiphonte, que l'on dit avoir été martyrisé sous bécius. On fit lire cet écrit , où Polychrone , parlant à l'empereur , disoit (3) : J'ai vu une multitude d'hommes vôtusde blanc; et, au milieu d'eux , un personnage dont je ne puis exprimer la puissance , qui m'a dit : L'empereur Constantin fait une nouvelle confession de foi ; va promptement lui dire qu'il se garde de la faire ou de la recevoir. Ensuite, étant Tenu d'Héraclée à Chrysopolis, comme j'étois

(1) Jo. XII, 27. Conc. p. (3) Martyr. R. 17 febr. 989. BoI.t.5,p.5.V.Tillem.t.5,

sur la terrasse, environ la septième heure du jour, je vis un homme revêtu d'un habit trèsblanc, qui médit : Celui qui ne confesse pas une volonté et une opération théandrique n'est pas chrétien (1). Je dis : C'est ce que le trèssage empereur Constantin a défini par avance une volonté et une opération théandrique. Il me répondit : Il a très-bien fait. Le concile demanda à Polychrone si cet écrit étoit de su main, et si c'éloil celui qu'il vouloit mettre sur le mort, et il convint de l'un et de l'autre.

Les magistrats et le concile ordonnèrent que l'épreuve du mort se feroit en public, et, étant sortis du palais , ils se rendirent dans la cour du bain du Zeuxipp<», accompagnés d'un grand peuple : le mort fut étendu sur un lit garni d'argent. Polychrone mit sur ce corps sa confession de foi, lui parla bas pendant plusieurs heures , et dit enfin : Il m'est impossible de ressusciter le mort. Le peuple, qui étoit présent , s'écria : Anathème au nouveau Simon ! Anathème à Polychrone l'imposteur î Les magistrats et le concile rentrèrent dans le palais , et ordonnèrent à Polychrone de déclarer s'il confessoit deux volontés et deux opérations en Jésus-Christ. Il répondit : Je confesse ce qui est écrit dans lepapier que j'ai présenté et que j'ai mis sur le mort. Je crois une volonté et une opération théandrique , et je ne dis autre chose. Le concile dit : Puisque Polychrone a persévéré dans son erreur jusqu'à la vieillesse , et que maintenant , étant averti par nous, il a voulu tenter le Saint-Esprit, composant un écrit plein de blasphème, et disant impudemment qu'il ressusciter oit un mort en confirmation de sa foi , nous l'avons déjà soumis à l'anathème dont parle saint Paul; et toutefois, pour la conviction du peuple , que lui et ses complices ont séduit , nous avons consenti qu'il exécutât publiquement sa proposition insensée. Kous avons fait apporter le mort qu'il avoit cherché lui-même, et nous l'avons laissé murmurer auprès autant qu'il a voulu, jusqu'à ce qu'il a déclaré qu'il ne pouvoit rien faire (2). C'est pourquoi nous ordonnons que comme imposteur et hérétique manifeste il soit dépouillé de tout rang et fonction sacerdotale. Après qu'il fut ainsi déposé, le concile s'écria : Anathème à l'hérétique Polychrone et à ses complices , Macaire et Etienne! La trinité les a déposés tous trois.

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