‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 276 sur 2407 · LIVRE QUARANTE-QUATRIEME · texte numérisé non relu

LIVRE QUARANTE-QUATRIEME

(i) Theoph. p. 377, tom.

7, Conc. p. Si. i Cor. IX.

(2) Vit per Ign. 27 febr.

lloll. t. 5, p. 576.

(3) T. 7, Conc. p. Si.

de septembre, indiction septième, c'est-à-dire du vingt-neuvième d'août sept cent quatrevingt-quatre, deux jours avant la mort du patriarche Paul , avec qui apparemment elle fut concertée. On en chargea Constantin , évéque de Léontine en Sicile , déjà connu du pape , que l'on pria de le renvoyer promptement porter les nouvelles de sa venue. Car on supposoit que le pape viendroit, et les ordres pour le recevoir étoient donnés au gouverneur de Sicile.

Taraise écrivit aussi une lettre adressée aux évéques et aux prêtres d'Anlioche , d'Alexandrie et de Jérusalem (1) , qui œntient sa profession de foi touchant la trinité, l'incarnation et l'invocation des saints, la condamnation de tous les hérétiques, l'approbation des six conciles œcuméniques , et la condamnation du prétendu concile contre les images. Enfin il les prie d'envoyer au moins deux légats pour tenir leur place dans le concile, avec leurs lettres, pour concourir à la réunion de l'Eglise. La lettre de Taraise au pape étoit conforme à celle-ci.

Le pape Adrien ne manqua pas de faire réponse à l'empereur et au patriarche (2). Il dit à l'empereur : C est votre bisaïeul qui , par le conseil de quelques impies, a ôté chez vous les images, au grand scandale de tout l'univers. De quoi les deux pap<'s Grégoire étant dans une grande affliclion , lui écrivirent plusieurs fois pour le prier de les rélabfir ; mais il n eut aucun égard à leurs prières. Ensuite nos saints prédécesseurs Zacharie, Etienne, Paul et l'autre Etienne ont fait la même prière aux empereurs, votre aïeul et votre père. Je vous supplie de même en toute humilité de faire observer en Grèce ce que nous pratiquons en honorant les images, suivant la tradition de nos pères. Et ensuite : JNous adorons Dieu en esprit et en vérité, et nous n'avons garde de faire des divinités des images : ce n'est qu'un monument de notre vénération. Il traite fort au long la question, et ajoute : Nous avons pris soin de vous envoyer les passages des pères , qui recommandent les saintes images. Et je supplie votre clémence du fond du cœur, à gewmx et prosterné à vos pieds , comme si j'étois présent : je vous conjure , dis-je , devant Dieu , de faire rétablir les images en leur ancien étal , tant à Constanlinople que dans les autres parties do la (irèce (3). Que s'il est impossible, à cause des hérétiques, de les rétablir sans tenir un concile , il faut premièrement que le faux concile tenu contre toutes les règles soit anathémalise en présence de nos légats. Ensuite que vous nous envoyiez, suivant la coutume, une déclaration avec serment en votre nom , de l'impératrice votre mère , du patriarche de Constanlinople et de tout le sénat , que vous laisserez dans le con-

cile une entière liberté , et renverrez nos légats avec toute sorte d'humanité, quand même on ne s'accorderoit pas.

Je vous supplie aussi de nous faire restituer en entier les patrimoines de Saint-Pierre donnés par les empereurs et les autres fidèles , pour le luminaire de l'église et la nourriture des pauvres. Et de faire restituer à l'église romaine les consécrations des archevêques et des évéques qui sont de notre juridiction , suivant la tradition ancienne. Il faut entendre les évéques dlllyrie, qui avoit été toute entière sous la juridiction du pape, comme j'ai marqué sous le pape Roniface, l'an quati e cent vingt-un, et quant aux patrimoines , ce sont ceux de Grèce et d'Orient (1).

Le pape Adrien ajoute : Nous avons été fort surpris do voir que dans votre lettre on donne à Taraise le titre de patriarche nniversel. Le patriarche de Constanlinople n'auroit pas même le second rang sans le consentement de notre siège ; mais s'il est universel il a donc aussi la primauté sur notre église : ce que tous les chrétiens voient bien être une prétention ridicule. Taraise lui-même nous a envoyé sa lettre synodique (2) ; sa confession de foi nous a réjoui : mais nous avons été troublé de voir qu'il a été tiré de l'état laïque et du service de l'empereur pour être élevé tout d'un coup à la dignité de patriarche. Ce qui est lellemeni contre les règles, que nous n'aurions point consenti à son ordination si nous n'espérions qu'il concourra fidèlement au rétablissement des images.

Le pape propose ensuite à l'empereur l'exemple du roi Charles qui , suivant nos avis , dit-il, et accomplissant nos désirs, a soumis à sa puissance toutes les nations barbares de l'Occident , et a donné à l'église romaine à perpétuité des provinces , des villes, des châteaux et des patrimoines qui étoient détenus par les Lombards, mais qui appartenoient de droit à saint Pierre, et il ne cesse pointd'offrii tous les jours de l'or et de l'argent pour le luminaire et la nourriture des pauvres (3). Enfin le pape recommande à l'empereur les deux légats qu'il chargeoit de ces lettres, savoir, Pierre, archiprêtre de l'église romaine, et Pierre, prêtre et abbé du monastère de Saint-Sabbas à Rome. La lettre à l'empereur est datée du vingt-sixième d'octobre, indiction neuvième, qui est l'an sept cent quatrevingt-cinq. La lettre au patriarche Taraise approuve sa confession de foi, et ne contient rien de particulier (4).

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