‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 277 sur 2407 · LIVRE QUARANTE-QUATRIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE QUARANTE-QUATRIÈME

les musulmans , s'adressèrent d'abord à deux moines, quiavoiont exposé leur vie pour la réfonnaliondesé^lises,etqui,lesayanlvusaulref is, les reconnurent et les reçurent avec grande joie (1). Les légats de Constantînople se découvrirent à eux , leur montrèrent les lettres de 1 araiso, et leur raconlérent ses bonnes dispostions, et celles de rimpératrice. Les deux moines cacbèrent soigneusement les légats, pour la crainte des musulmans , qui les auroient pu prendre pour des espions de l'empernur de Constanlinople, ils n osèrent les laisser voir à personne, ni l"ur permettre d'exécuter leur dessein, qui éloit d aller trouver les patriarches d'Orient. Après les avoir mis en sùn»té, ils se dén;hèrent d'eux, et allèrent en diligence trouver les moines de Palestine, qu'ils assemblèrent sans bruit; et d'abord leur firent promettre, sousdelerribles serments, de tenir secret ce qu'ils alloient leur dire : ainsi, après {îvoir bien pris leurs sûretés, ils leur découvrirent toute l'affaire. Ceux-ci, surpris et touchés d'un changement si peu attendu de l'église do Constanlinople, répandirent beaucoup de larmes, etse levèrentpour prieravec crainte et tremblement. Après avoir demandé la lumière du Saint-Esprit, ils résolurent, connoissaatla haine des musulmans contre les chrétiens, de retenir les légats de Constanlinople et de les empt^cher d'aller voir ceux à qui ils étoient envoyés.

Ils les ameiièrent au milieu d'eux , et les exhortèrent fortement à ne pas troubler les églises qui étoient en paix, et causer la ruine entière d'un peuple accablé d'une dure servitude, et chargé d'impositions excessives. Les légats ne pouvoient goûter cette proposition , et disoient : C'est pour cela même que nous sommes envoyés, alin de nous exposer à la mort pour l'Eglise, et d'accomplir l'intention du patriarche et de l'empereur. Vous auriez raison, reprirent les moines, si vous n'exposiez que votre vie ; mais puisque ce péril reîrarde tout le corps de l'Eglise, quel en sera le fruit ? Mais, disoient les légats, de quel front retournerons-nous à ceux qui nous ont envoyés sans leur rien rapporter de ce qu ils ont eipéré (2) ? Los moines, embarrassés de cette dilTK ulté , jetèrent les yeux sur deux d'entre eux, Jean et Thomas, quiavoient été syncelles drî deux patriarches, et dont ils connoissoient le zèle pour la foi, et l'amour pour la retraite. Jean étoit célèbre par «a doctrine et sa vertu, e^ avoit été syncelîe du patriarche d'Antioche; Thomasavoitétéde celui d'Alexandrie (3). Il étoit abbé du monastère de Saint- Arsène en Egypte, cl il fut depuis archevêque de Thessaloniquo. Les momcs leur dirent : Voici , mes frères, un temps propre pour le salut , et une oeuvre bien au-dcsv. is de la retraite. Allez avec ces hommes, et vous chargez de leurs excuses.

Expliquez à nos maîtres de vive voix ce que nous ne croyons pas leur pouvoir apprendre par lettre. Vous savez comme sur un léger soupçon le patriarche de Jérusalem a été exilé à plus de six cents lieues. Quand vous aurez accompli l'œuvre de Dieu , et fait connoître à nos maîtres la tradition apostolique qui s'observe dans les églises d'Egypte et de Syrie, alors vous rentrerez dans votre chère solitude. Ils voulurent s'excuscT sur leur incapacité, mais on les obligea d'aller de la part des patriarches d'Orient, qui ne pouvoient ni recevoir ni écrire des lettres sur ces matières (I) , savoir , Jean pour Théodoret, patriarche melquited'Anlioche, qui avoit succédé àThéodore, successeur de Tiiéophylacte, et pour Elie, patriarche de Jérusalem. Thomas doit légal de Polilien, patriarche melquite d'Alexandrie, successeur de Cùme. Et toutefois dans leurs souscriptions chacun se dit vicaire des trois sièges apostoliques d Orient. Us se soumirent par obéissance, on les c(mgédiaen priant pour eux; les légats de Constanlinople étoient ravis de les emmener, mais, en se séparant de leurs frères,on répandit de part et d autre beaucoup de larmes.

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