XXIX. Second concile de Nicée, septième général
Quand les évéques furent assemblés à Nicée, le patriarche Taraise s'y rendiî, accompagné des légats du pape , de ceux d'Orient et de quelques-uns des principaux officiers de l'empire, entre autres INicéphore , secrétaire de l'empereur , qui lui succéda dans le siège de Constanlinople (4). A la suite deTaraisc,étoient encore plusieurs saints moines, zélés pour la discipline de l'Eglise, entre lesquels on compte
(1) VilSanct.Taras.c.5.
(2) Theoph. an. 7.
(3) Ep.Hadr.adCar.t.7.
Conc. p. 502, 13.
(i) ViU S. Taras, c. 5.
Tbeoph. ail. 8, p. 300. Ep, Taras, t. 7. Conc p. 5i0.
HISTOIRE Di: CHRlSTlAiNISME.
saint Platon de Stude et saint Théophane , auparavant patrice, qui fit ce voyage monté sur une ànesse et vêtu dun habit déchiré, tandis que les autres avoient des habits riches et de bons cheYau\(i). Le concile s'assembla dans l'église de Sainte-Sophie de ]\icée, la huitième année du règne de Constantin et d'il ène , le huitième des calendes d'octobre , indiclion onzième , c'est-à-dire le vingt-quatrième de septembre sept cent quatre-viiigt-sept (2). Les deux légats du pape sont nommés les premiers dans les act s , savoir : Pierre , archiprélre de l'église romaine , et Pierre, prêtre et abbé du monastèredeSainl-Sabbas de Home, comme représentants le pape Adrien ; Taraise , patriarche de Constanlinopie, est nommé ensuite, puisJean et Thomas, prêtres et moines, légats et vicaires des sièges apostoliques d'Orient , savoir , Jean pour Théodorel, patriarche d' \ntioche, et pour Elie, patriarche de Jérusalem, et Thomas pour Politien, patriarche d'Alexandrie (3).
Ensuite sont nommés : Agapius, évéque de Césarée en Cappadoce , Jean d'Ephèse , Constantin de Constantia en Chypre, JNicolasde Cyzique et Euthymius de Sardis(i). Ce dernier, qui avoit mené la vie monasliquo, fut depuis persécuté pour la cause des images, et est honoré entre les saints , Tonzième jour de mars (5). On compte jusqu'à trois cent soixantedix-sept évéques qui assistèrent à ce concile, tous des pays qui obéissoient à l'emporeur de Constantinople, de Grèce, de Thraci», de Natolie,des îles de l'Archipel, de Sicile et d'Italie (6). Il y avoit deux commissaires de l'empereur assis devant l'ambon ou jubé de Icglise, savoir : Pétronax, ex-consul, patrice et comte de l'obsequium, et Jean, huissier impérial et logothète ou trésorier militaire. 11 y avoit aussi plusieurs abbés et plusieurs moines qui ne sont point nommés.
Les évéques de Sicile parlèrent les premiers, et dirent : iNous estimons convenable que le très-saint archevêque de Constantinople lasse l'ouverture du concile. Tous s'y accordèrent , et Taraise prit la parole (7). Il rendit grâce à Dieu de la liberté dont ils jouissoient après le trouble arrivé l'année précédente à Constantinople , et exhorta les évéques à rejeter toute nouveauté et conserver les traditions de l'Eglise, qui ne pi'ut errer. Puis il ajou a : Ceux qui Tannée passée résisloicnt à la vérité peuvent se présenter et dire leurs raisons. C'est ainsi que l'on éclaircira la question. Constantin, évêque de Constantia en Chypre, demanda que l'on fît entrer les évéques accusés pour ce sujet. Le concile lordonna , et , quand ils furent entrés, les commissaires de l'empereur firent lire la lettre adressée au concile en son
[An de J.-C. 7^7