Conc. 7, Acl. 1, p
^3) Thcoph.an.O, p. 389. B.
concile œcuménique sans le consentement des patriarches. Comme on faisoit celle lecture, l'empereur et l'impératrice étant dans les galeries hautes destinées aux catéchumènes, d où ils voyoient le concile, les soldats, poussés par les évéques mal intentionnés, firent graiîd bruit hors les portes de l'église , disant qu ils ne souiîriroienl point que l'on révoquât ce qui avoit été ordonné sous lempereur Constantin. Ils entrèrent même dans lèglise , l'épée à la main, menaçant de tuer le pa;riarche, les évéques orthodoxes et les abbés. J^'impératrice envoya de ceux qui étoient auprès d'elle pour les retenir ; mais loin d'obéir ils leur dirent des injures, et les évéques séditieux sortirent en criant: iXous avons gagné. Mais il n'y eut personne de blessé dans ce tumulte. Le patriarche Taraise ne laissa pas d'entrer dans le sanctuaire avec les évéques catholiques, et célébra les saints mystères , sans donner aucune marque de crainte (1); mais l'impératrice envoya un de ses chambellans leur dire : Retirezvous quant à présent, afin que nous évitions l'emportement de ce peuple séditieux: il arrivera ensuite ce qui plaira à Dieu. Il étoit environ midi, ils étoient à jeun ; chacun se retira chez soi, et le tumulte cessa (2).
Au mois de septembre suivant , l'impératrice fit venir de Thrace d'autres troupes pour chasser de Constanlinople celles qui, ayant servi sous l'empereur Constantin , son beaupère , étoient imbues de ses erreurs. Le prétexte fut de les envoyer en Natolie faire la guerre contre les Arabes ; ensuite elle leur fit dire de poser les armes, les cassa tous, fit embarquer leurs familles , qui étoient demeurées à Constanlinople, et les renvoya chacun en son pays. S'élant ainsi assurée de troupes et des chefs soumis, elle envoya au mois de mai de l'année suivante, sept cent quatre-vingt-sept, convoquer de nouveau tous les évéques pour tenir le concile à JNia'e en Bithynie. Ils s'assemblèrent pe dant tout l'été , et les légats du pape furent rappelés de Sicile , où ils avoient eu ordre de s'arrêter ; mais 1 impératrice avoit retenu à (.onstantinople ceux des patriarches d'Orient (3).