C. 5, et ibid. Bals
hérétiques ; et on défend à personne de les cacher, sous peine de déposition ou d'excommunication.
Plusieurs clercs vagabonds venoicnt à Constantinople, s'attachoient aux grands, etdisoieiit la messe dans leurs oratoires. Le concile défend de les recevoir en quelque lieu ou maison que ce soit sans la permission de leur évéque et du patriarche de Constantinople. Et ceux qui ont permission de demeurer auprès des grands ne doivent pas s'y charger d'alTaires temporelles, mais de l'instruction des enfants ou des domesliqu<»s, pour leur lire l'Ecriture sainte. Il est défendu de lire dans l'église sur l'ambon, sans avoir reçu l'impositicm des mains de Tévêque, c'est-à-dire l'ordre de lecteur, quoiqu'on ait reçu la tonsure. Le menu» est ordonné pour les moines; mais l'abbé peut ordonner un lecteur dans son monastère ; pourvu qu'il soit prêtre lui-même, et ait reçu de l'évêque l'imposition des mains, comme abbé. Les chorévêques peuvent aussi ordonner des lecteurs par permissi(m de l'évêque (1). Un clerc ne sera point inscrit dans deux églises, mais celui qui n'a pas de (juoi vivre doit choisir une profession qui lui aide à subsister. Ce règlement est pour Constantinople. Dans la campagne on pourra permettre de servir deux églises pour la rareté des hommes. Chaque église aura son économe; si quelqu'une en manque, le métropolitain en donnera aux évéques, et le patriarche aux métropolitains [-2).
Les iconoclastes étendoient la haine des moines jusqu'à se moquer de tous ceux qui s'habilloient modestement; ce qui introduisit le luxe dans le clergé. Le concile défend donc à tous les clercs les habits magniGques, les étoffes de soie bigarrées , les bordures de diverses couleurs, et l'usage des huiles parfumées. Il est ordonné de rendre les maisons épiscopales et les monastères, que les iconoclastes avoient convertis à des usiiges profanes. La simonie est défendue pour la réception dans les monastères , comme pour les ordinations, sous peine de déposition contre l'abbé clerc, et pour l'abbesse ou l'abbé laïque, d'être chassé et mis dans un autre monastère. Mais ce que les parents donnent pour dot, ou que le religieux apporte de ses propres biens, de meurera au monastère , soit que le moine y demeure ou qu'il en sorte, si ce n'est par la faute du supérieur. Le concile ne défend donc pas absolument les présents pour l'entrée en religion, mais seulement les pactions simoniaques. Les monastères doubles d'hommes et de femmes sont défendus à l'avenir; mais ceux qui sont di'jà fondés subsisteront, suivant la règle de saint Basile. Défendu aux moines de coucher dans les monastères de femmes , ni de manger avec une religieuse, ou avec aucune femme, sans grande nécessité (3).
An de J.-C. 787.]
Quelques juifs faisoient semblant de se contertir et judaisoient en secret, l^e concile défend de les recevoir à la communion, ni à la prière, ni de les laisser entrer dans l'église; de baptiser leui^ enfants, ni de permettre qu'ils achètent des esclaves (1). Il faut entendre des esclaves chrétiens. C'est ce qui paroît de plus remarquable dans les canons du septième concile (2).
Le patriarche Taraise écrivit au pape pour Ini rendre compte de ce qui s'y étoit passé, et principalement comme la lettre y avoit été approuvée (3). H témoigne que Constantin et Irène ont rétabli partout les saintes images, dans les églises et dans leurs palais. Taraise s'appliqua fortement après le concile à abolir la simonie, et en écrivit au pape Adrien une lettre particulière, où il dit qu'il y a une grande gloire de conserver la pureté du sacerdoce; c'est-à-dire que l'église romaine étoit exempte de ce reproche (4). 11 écrivit sur ce sujet à un abbé , nommé Jean , et rend témoignage que c'etoient lesmoinesquis'étoient plaints au concilia que la plupart des évcVjues étoient ordonnés par simonie (5). Ce qui fut apparemment la cause des canons qui furent faits contre cet abus.
Les légats du pape Adrien étant de retour à Rome , y apportèrent un original grec des actes du concile, que le pape iit traduire en latin, et mettre dans sa bibliothèque (6). Mais cette version étoit tellement de mot à mot, qu'elle étoit à peine intelligible, et que personne ne daiirnoit la transcrire ni presque la lire (7). Ce qui obligea Anastase, bibliothécaire, d'en faire une traduction nouvelle, près de cent ans après. Nous avons cette version d' Anastase, et une autre ancienne plus imparfaite que la sienne , mais meilleure que la première.