‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 304 sur 2407 · XLVII. Livres carolins · texte numérisé non relu

XLVII. Livres carolins

Le pape Adrien avoit envoyé au roi Charles des actes du concile de JNicée, pour les faire examiner et approuver par les évêques d'Occiuent , qui n'y avoient point eu de part, et n'y avoient pas même été appelés (5). Le roi les ayant fait examiner, les évêques de France trouvèrent la décision des Grecs contraire à leur Usage, qui étoit bien d'avoir des images dans les églises , mais non de leur rendre aucun culte. Ils composèrent donc, sous le nom du roi , un long écrit divisé en quatre livres, avec une grande préface, où ils disoient : On a tenu, '( y a quelques années, en Bithynie, un concile où l'on a usé d une telle impudence, qu'on y a rejeté entièrement les images que les anciens avoient mises pour l'ornement des églises, ^-t la mémoire des choses passées, attribuant aux images ce que le Seigneur a dit des idoles, et prétendant que leur empereur Constantin les avoit délivres de l'idolâtrie (6). On a tenu, ^n ces quartiers-là , un autre concile , il y a

LlVrtiE QtJARÀ]^TE-QUATilIÈME

environ trois ans

(1^ Ann.Loisel.Lauresh.

etc. Tora. 1, Capit p. 209.

Tom. 7,Conc. p. 900, Praf.

2) Sup. n. {».

(4) Sup. I. xLii, n. 5.

(5) HIncm. in Laudun.

c. 20, p. 457. V.Nol. Sirin.

lom. 7, Conc. p. 1014.

qui donne dans ù"fe erreur opposée; car, ayant anathématisé Ife premier, il oblige à adorer les images. Il est clair que le premier concile est celui que Constantin Coïironyme Ot tenir à Constantinople en sept cent cinquante-quatre, et que le second est celui qui fut tenu sous Cdnslantin et Irène, a JNicée en Bithynie, l'an sëbt cent quatrevingt-sept, et par cdnséquettt que cet écrit fut composé vers l'an sept cent quatrevingt-dix.

Pour nous, ajoute la préface, nous recètons les six conciles généraux ; mais nous rejetons avec mépris les nouveautés, comme aussi ce concile lenu en Bithynie , pour faire adorer les images , dont les actes destitués d'éloquence et de sens étant venus jusqu'à nous, nous avons été obligés d'écrire pour le réfuter , afin que personne n'y soit trompé, et nous avons entrepris cet ouvrage de l'avis des évêques de nôtre royaume. Car c'est le roi Charles que 1 on fait parler (1).

Dans le corps de l'ouvrage , voici ce tttii me parolt de plus remarquable. Il est vrai que Moïse a fait faire des chérubins par ordre de Dieu ; mais il n'a pas commandé de les adorer (2). lien est de même du serpent d'airain , qui devoit bien être regardé pour guérir mais non adoré. Et sur le passage du psaume qui porte (3) : Adorez l'escabeau de ses pieds c'est-à-dire à la lettre l'arche d alliance; ils ont reœurs aux applications mvstiques des pères , qui l'entendent de Jésus-Christ. On alleguoit un passage des actes de saint Sylvestre ou il est dit qu'il présenta à Constantin les images des apôtres. On répond qu'il Ue les fit pas adorer, et on conteste l'autorité de tes actes renvoyant au décret de saint Gélase (4). L'auteur de cet ouvrage avoue qu'il ne connôit ni la vie ni les écrits de saint Grégoire de Nysse. Il trouve fort mauvais que le concile dé Nicée compare les images à l'eucharistie, dont il relève la dignité , et dit que les imàgcÉ h'ont aucune consécration, et tiennent tout ce qu'elles sont du peintre ou du sculpteur (5). Il y avoit donc dès lors en Occident des images de relief et les images n'avoient aucune bénédiction ' non plus qu'en Orient. L'auteur prétend aUssi répondre à la comparaison des images avec la croix, les vases sacrés et les livres de l'Ecriture sainte (6). Il relève la vertu de la croix , sans démêler l'équivoque de la croix prise pour la passion de Jésus-Christ , et pour le bois qui eh a été l'instrument , et les images de cette croix matérielle. Car, s'il est permis d'honorer la vraie croix et ses images parce qu'elles nous rappellent en mémoire la passion de Jésus- Christ, pourquoi ne sera-t-il pas permis d'honorer l'image de Jésus-Christ même .^ Il en est

(n Lib. I, c. 15.

(3) Lib. IF, c. 5. Ps. 99.

(i; Sup. I. XXX, r. 3f.

Lii>. il, c. 17.

(5; C. 17. V. lib. IV, c.

r'i; Liv. II, c. 28, 20, 30.

HISTOIRE DU CHRISTIANISME

de môme à proportion des vases acres- Ce sont louiours des choses matérielles el deso^T"»^ de a main des hommes, dont la yen^j'»" "«^ neut être que relative. Cet endroit est le plus LTble des^ivres carolins; car c'est ams. que

"TSrfaHÎ:sïe;Treproches incidents aux pères du con^'cile de Nicée et en^re »ulr.s à Tiraise de dire que le baml-Espnl proceoe du pè?è parle ûls (1). En répondant à la comnarS des images des empereurs , que Ion

rnoroû dans le^ villes «J >^'« ^"f :, 'Ju recevant avec des cierges et des P»'']"'"* ;'' ^J^ nue c'est un abus et nn reste d idolàtr e (2). Sur ce que l'on dit, que l'honneur de 1 unage Ïseàforiginal. il convient q- l^,^;-;,'slruits peuvent en user amsi ; mais il souik ni nue c'esTune occasi..n de scandale au^ igno- ?a«ts Ainsi il ne seroit plus question que de £ instruire les peuples. L'auteur repn.che Constantin, métropolitain de Chypre d avoir dit: Je reçois et j'honore l'^^^^'-'f,*. ™^î-^,'i^ suivant l'adoration que je prends a U sainte trinité et i'anathémalisc ceux qui ne sont pas ïe ce s^^nliment. Mais c'est «ne erreur de fait, fondée apparemment sur une fausse traduc- S (3) Car, dans l'original gr.^ et es deux

anciennes versions que """^ «;."" Vh,^ore lès rtp r.hvnre parlea nsi : Je reçois et j honore les ïinteiSes , et je ne rends qu'à la seule trinité sunréinc l'adoration de laine. Ce qui tait Sn senFîout contraire. Cependant c'esRm^^^^ nalement cet art de qui rendit le concile ae E odieux en Occident. L'auteur des livres cLrolins prétend que l'honneur que Ion rend Tux Sue desliints ne tire p<m.t à cons<^ nuènce pour leurs images; mais il ne dit rien de solide pour le prouver (4). Il reproche aux îlres de Lcéc d'avoir employé pour preuves Erits apocryphes et fabuleux; mais il n en Êîaclïe en particulier que de très-peu : U est vrai lil réfute assez bien plusieurs applications forcées de l'Ecriture^ ^ Enfin il soutient que le conÇ'le des Grecs n'est point universel, parce qu ' ," ff P^^» semblé de toutes les parties de I Eglise, m la déd^on conformée la doctrine de l Eglise un>versèlle (5). Car il c.mvient qu un cone.l^^^^^^ quelques provinces peut passer P"""^,""^^'?'! quand sa doctrine est catholique. C (toient ks deux principales raisons des François p<.ur rejeter t!e concile , qu il n'y avoit eu de tout l Occident que les légats du pape . e que sa decis on étoit contraire à leur usige. La conclusion cs^adressée au pape et à l'église romaine en ces termes -. Sachez que, suivant les lettres de saint Grégoire à Sérénus, nous permettons de foire des images et de les mettre dans legl.se et dehors pour l'amour de Dieu et de ses saints; mais nouf n'obligeons point ceux qui ne le

( AndeJ.-C. ÏSO.

veulent pas à les adorer ; et nous ne permet- Ions ni de les rompre, ni de les détruire (1). Tout cet écrit fait voir une grande prévention des François contre les Grecs. Us les chicanent sur pluskurs points de peu d importance emploient quantité d'expressions dures, de mau- ÇS raisonnements et de preuves hors du

sujet.

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