‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 306 sur 2407 · XLIX. ConsUiUin seul empereur · texte numérisé non relu

XLIX. ConsUiUin seul empereur

Dès l'année qui suivit le mariage de Constantin, c'est-à-dire la dixième- de. ^^^^^^^^^ sept cent quatre-vingt-neuf de J.-C. , la division éclata entre lui et sa mère Irène (1). De prétendus devins persuadèrent a cette princesse qu'ils étoient assurés que celoit a elle et non à son fils que Dieu avoit destine empire. Etant femme et ambitieuse , elle se laissa aisément séduire par ces promesses. Conslantin de son côté, âge de vingt ans, voyoït avec chagrin qu'il n'avoit encore aucun pouvoir et que le patrice Slaurace disposoit de tout, 11 résolut donc de faire arrêter sa mère, cl la reléguer en Sicile. Mais Slaurace découvrit la conjuration; et Timpératrice ût fouetter, raser et exiler plusieurs des grands officiers qui en éloient complices. Elle lit battre son Gis même

l'accabla de reproches , et l'empêcha pendant

plusieurs jours de paroîlre en pubhc.

Cependant la Hotte des Arabes, étant partie

de Chypre, vinl attaquer les Romains dans le

colfe d'Attalie. Théophile, duc de Cibyre en

Cilicie, s'étant trop avancé, fut pris et mené

au calife Aaron, qui lui fit de grandes promesses pour l'obliger à apostasier. Apres 1 a-

voir pressé long-temps , comme /i f .ï"^»^»

ferme , il lui fit œuper la tète ; et Theophde

souffrit ainsi le marlyre. ^Eg hse en fait me-

"^r 'SlcSS"^ Sr Qu^^iiI^-unsV^^^^^ -

' ^ \T . Vrlnes horm s celles d'Armé Selâ des bornes prescrites par le concile de ^ i-

nirdeluiolr^d^S^^^ '^-- - 1- ^h^^'s de cette secle etoient deux

fusèrent, à cause du serment qu'ils a voieni fait

dix ans auparavant d'obéir a Constantin cl a

Irène ; et, comme elle voulut les contraindre

ils proclamèrent empereur Conslantin seul.

Les troupes des autres thèmes, car c est ainsi

que l'on nommoit alors le corps de la milice,

prirent la même résolution -, et , s elanl as-

^.mblés au mois d'octobre de la quatorzième

indiction, l'an sept cent q^alre-vingt-dix ils

déclarèrent Constantin seul empereur. IVlais au

mois de janvier sept cent quatre-vingt-douze

indiction quinzième , il se laissa persuader par

^mère c^ par plusieurs grands de la déclarer

encore impératrice, et de mettre a a lele d(S

actes les deux noms de C.nslanlin et d Irène,

œmme au commencement. Ce jeune prince

éloil foible et léger, et cToyoil aux as^ro <^^^^^^^^

un desquels, nommé Pancrace, lui P^r^^^d^

de combatlre témérairement les Bulgares, qui

le batlirent et lui ^"^'•«"^PÏ."™ J^'^^^^^^^ considérables, et Pancrace lui-même (4). De son temps au mois de décembre sept cent quatrevin-t-dixily eut un incendie à Conslanlinople qui'brùla une partie du palais patriar^il , c-t entre autres l'endroit ou etoient les originaux des explications de saint Jean Chrysostôme sur rE(riture(5).

En Espagne, il s'éleva cependant une nouvelle hérésie (i). Elipand , qui avoit succédé à Cixila dans le siège de Tolède, consulla Félix , évêque d'Urgel , qui avoit été son maître, de quelle manière il reconnoissoit Jésus-Chrisl pour fils de Dieu, s il le lenoit pour fils naturel ou pour adoptif. Félix réptmdit que Jesus-Christ , selon la nature humaine, n'est que fils adoplif et nuncupalif , c'est-à-dire de nom seulement. Elipand , ayant reçu ( ette rejx^nse, répandit cette doctrine dans les Asluries et la Galice ; et Félix la répandit au deçà des Pyrénées , dans la Septimanie , qui est a peu près notre Languedoc (2). Elipand attira enaire a son parti Ascaric, archevêque de Braguc,et quelques chrétiens de Cordoue.

Le pape Adrien , averti de cette erreur naissante; écrivit une lettre à tous les évêques d'Espagne, par laquelle il les exhorte a s en donner de garde , et à demeurer fermes dans la doctrine de l'Eglise (:i). Saint Pierre , ajoutel-il , a reconnu Jésus-Christ pour le fils du Diei vivant , et saint Paul dit que Dieu n a pas épargné son propre fils (4). 11 rapporle ensmte les autorités de plusieurs pères grecs et latins pour montrer que le nom d'enfants adoptifs convient aux chrétiens, et non à Jesus-Christ même. Il se plaint dans cette même lettre de quelques autres abus qui régnoient en Ls- ^...„i.,..g yj^j^ reculoie"» 1« nAnue au

IL a u^;£»^^ prescrites par utc • et les chefs de cette secle étoient deux évê(iues, Migétius et Egila. Quelques-uns trailoient d'ignorants ceux qui ne vouloient pas manger du sang de porc et des viandes stiffoquees , quoique la pratique générale fut de s en abstenir ; et le pape déclare ceux qm en mangent chargés d'analhème. D autres entendant mal la prédestination, nioicnt la libiTté, ou la relevoient trop au préjudice de la eràce D'autres se conformoient aux mœurs des juifs et des païens , c'est-à-dire des musulmans , et c(mtractoient des mariages avec eux ; des femmes se remarioienl du vivant de leurs maris. Les prêtres étoient ordonnes sans examen, et plusieurs autres abus regnoient en Espagne , sans doute à la faveur de la domination des Arabes. Egila, d<>nt il est pav e da"s cette lettre , éloil cvêque d Llvire ou 11 liber , dans la Bélique, et avoit été ordonne par \illicaire , archevêque de tens (5) , qui en avoit obtenu commission du pape, sur le rapport avantageux qu'il avoit fait de sa foi et de ses mœurs.

Ll. Béat clÉthérius résistent à Elipand. En conséquence de cette lettre du pape, Eli

cee

vl) Thcoph. an. 10, p.

{%) Mart. R. 23juil

(3; Thcoph. p. 39 i.

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