XVIII. École de France
Alcuin est regardé comme le restaurateur des lettres en France, du moins comme le principal instrument du roi Charles pour ce grand ouvrage. Il témoigne, en écrivant à ce
J)rince (2) , qu'il ne tenoit pas à eux deux que 'on ne formât en France une Athènes chrétienne , et l'on voit par ses écrits qu'il travailla à renouveler presque toutes les études. 11 enseigna premièrement dans le palais ; le roi tint à honneur d'être son disciple , et lui donnoit toujours, en lui écrivant, le titre de maître et de précepteur. Il apprit de lui la rhétorique, la dialectique, et principalement l'astronomie (3) , à laquelle il employa beaucoup de temps et de travail On voit plusieurs lettres où Alcuin répond à ses questions sur le cours de la lune. Charles étoit éloquent , et s'exprimoit facilement, et avoit appris les langues étrangères. 11 parloit aussi bien le latin que le tudesque , qui éloit sa langue maternelle -, pour le grec, il l'entendoit mieux qu'il ne le prononçoi
Outre le roi Charles , Alcuin instruisit encore dans le palais les princesses Gisèle et Rictrude, ses filles, Angilbert, depuis abbé de Centule, Riculfe, depuis rchevéque de Mayence, et quelques autres (4). Après Al
(1) Praesi. ad Elip. Ep.