XX. Le pape se justifie
Le roi Charles étant arrivé en Italie Tan huit cent , le pape Léon vint au devant jusqu'à Normenle , à douze milles ou quatre lieues de Rome, elle roi le reçut avec grand respect (2). Ils soupérent ensemble, et ensuite le pape retourna à Rome , où le roi arriva le lendemain : le pape Tattendoit sur les degrés de l'église de Saint-Pierre, accompagné de plusieurs évéques et de tout son clergé. Quand le roi descendit de cheval, ils le reçurent avec de grandes acclamations , et le conduisirent dans Téglise en chantant , et rendant grâce à Dieu : c'étoit le vingt-quatrième de novembre , et la quatrième fois que le roi Charles entroit dans Rome.
Sept jours après, il convoqua l'assemblée du peuple , et proposa publiquement les affaires qui l'avoienl amené à Rome , puis il s'appliqua tous les jours à les régler (3). Il commença par la plus grande et la plus difficile, qui étoit d'examiner les accusations intentées contre le pape. Pour cet effet, il fit assembler dans l'église de Saint-Pierre les évèques, les abbés et toute la noblesse des François et des Romains. Le roi et le pape s'assirent* et firent asseoir les évêques et les abbés, les prêtres et les seigneurs demeurant debout. 11 ne se présenta personne qui voulût prouver les crimes imposés au pape, et les prélats dirent : Nous n'osons juger le siège apostolique, qui est le chef de toutes les églises, c'est l'ancienne coutume. Le pape dit : Je veux suivre les traces de mes prédécesseurs, et je suis prêt à me purger de ces fausses accusations. Il le fit le lendemain, et tous étant assemblés dans la même église de Saint-Pierre, les évêques , les François et les Romains , il
fmi entre ses mains les Evangiles, monta sur ambon , et dit à haute voix avec serment : Je n'ai aucune connoissance d'avoir commis ces crimes dont les Romains m'ont chargé. Alors tous les prélats et le clergé chantèrent une litanie, et louèrent Dieu, la Sainte-Yierge , saint Pierre et tous les saints.