‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 358 sur 2407 · XXXIV. Affaires de France · texte numérisé non relu

XXXIV. Affaires de France

En Occident , la même année huit cent six , l'empereur Charles , déjà vieux , fit à Thionville, dans l'assemblée des seigneurs, le partage de ses états pour être observé après sa mort entre ses trois fils, Charles, Pépin et Louis (1). Il n'y est parlé ni de l'empire ni du duché de Rome qui y étoit attaché, parce que l'empereur s'en réservoit la disposition ; mais il recommande sur toutes choses aux trois frères de prendre tous ensemble la défense de l'église de saint Pierre, comme son aïeul Charles et Pépin, son père , de conserver les droits de toutes les autres églises de leur obéissance , et laisser aux pasteurs et aux autres titulaires la liberté d'en jouir. S'il arrive entre les frères quelque différent pour les limites , qui ne puisse être réglé sur les dispositions des témoins, il sera terminé par le jugement de la croix, sans en venir au combat. Ce jugement de la croix passoit pour ecclésiastique , et je l'ai déjà expliqué. ]je testament de l'empereur Charles fut confirmé par le serment des seigneurs françois , et envoyé à Rome par Eginart, afin que le pape Léon y souscrivit comme il fit (2).

Vers le même temps , Tempereur Charles écrivit au pape en faveur de Fortunat , archevêque de Grade, chassé par la persécution des Vénitiens [et des Grecs. Car Venise étoit divisée ; et l'empereur Nicéphore avoit envoyé une flotte dans la mer Adriatique , commandée par le patrice Nicétas , pour soutenir le parti de Jean , duc de Venise , et de son fils Maurice. Fortunat, sur cette nouvelle, abandonna Grade, dont un diacre, nommé Jean, se mit en possession avec le titre de patriarche (3). L'empereur Charles prioit donc le pape de donner à Fortunat l'église de Pôle en Istrie , vacante depuis peu par la mort de l'évêque Emilien ; car ristrie étoit sous la domination des François. Le pape l'accorda à la charge que, si Fortunat recouvroit son siège de Grade, il rendroit l'église de Pôle sans rien retenir de ses biens (4). Il ajoute par apostille : Comme vous travaillez à conserver la dignité de Fortunat , nous vous prions d'avoir aussi soin de son àme , en sorte que la crainte qu'il a de vous l'oblige à se mieux acquitter de son devoir. Ce que nous avons appris de sa conduite n'est pas digne d'un archevêque , et nous l'avons appris

même de France. Demandez à vos fidèles serviteurs , vous en saurez la vérité ; car ceux qui vous en disent du bien sont gagnés par présents. Nous n'en parlons que par l'affection que nous avons pour votre salut. Vous pouvez interroger l'archevêque Hildebade et le chancelier Ercanbale. C'est Archambaud, nommé ailleurs notaire de Charles (1).

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