‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 371 sur 2407 · XLIII. Concile contre Platon et Théodore · texte numérisé non relu

XLIII. Concile contre Platon et Théodore

II y avoit une année entière que Platon et Théodore souffroient une rude persécution. Ce n'étoient que menaces de l'empereur, qui souvent les envoyoit quérir pour les presser de se rendre à sa volonté. Enfin, il envoya une compagnie de soldats qui environnèrent tout d'un coup le monastère de Stude, en sorte que personne n'osoit se montrer (1). L'évêque de Nicée et l'évêque de Chrysopolis vinrent parler à Platon et à Théodore , pour leur persuader de recevoir l'économe Joseph, comme ayant fait le mariage en question par ordre du patriarche Taraise. Car, disoient-ils , c'étoit un saint comme saint Chrysostôme , vous devez recevoir sa dispense. 11 vint encore leur faire la même proposition à Saint-Serge, où on les avoit enfermés.

Comme ils demeuroient inébranlables, l'empereur fit assembler un concile au mois de janvier , la septième année de son régne , indiction seconde, c'est-à-dire l'an huit cent neuf (2). Le concile étoit nombreux. Il y avoit plusieurs évéques , plusieurs abbés , et trois des plus grandes dignités de l'empire. Ce fut un triste spectacle d'y voir comparoître saint Platon, si vénérable par sa vieillesse et par sa vertu. Car , comme ilne pouvoit plus marcher, on le portoit sur les épaules , ayant sa chaîne au pied ; et ceux qui le portoient se le jetoient l'un à l'autre avec dédain. Théodore aussi y fut traité indignement , et environné de gens qui lui disoient qu'il ne savoit ce qu'il disoit (3). En ce concile on déclara que le mariage de Constantin avec Théodole avoit été légitime par dispense , et on prononça anathème à ceux qui ne rccevoient pas les dispenses des saints.

L'empereur fit signifier ce décret à Platon , à Théodore et à l'archevcHjue Joseph, comme ils étoient au monastère d'Agathus, près de Constantinople. Il leur envoya pour cet effet quelques-uns de ses écuyers, qui leur déclarèrent qu'ils étoient excommuniés et déposés par le concile (4). Ensuite on les mit en prison à Saint-Mamas, tous trois séparés ; et les mêmes écuyers y vinrent apportant le décret de déposition et d'excommunication qu'ils leur lurent, quoiqu'ils se bouchassent les oreilles. Enfin ils furent tous trois relégués dans des îles voisines de Constantinople, en des prisons séparées (5).

Les moines de Stude furent tentés en toutes manières pour abandonner leur abbé. D'abord

(1) Vita Plat. c. 6, n. 36. (4) Ep. 48. Gang. C. P. Ep. 48, lib. 1, ad Alhan. lib. iv, c. 15, p. 180.

(2) Theop. p. 409. (5) Vita Plat. c. 6, n.

(3) Ep. ad Euprep. to. 7, 37. Vil, Theod- c. 48, 49, Conc p. 1192. 50, 51.

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